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roman

Une femme simple, Cédric Morgan

6 Août 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

   C'est l'histoire d'une héroïne du XIXè siècle. "Jeanne Le Mithouard (1778-1842), dite "La France", née au Logeo, était batelière-passagère et transportait personnes, marchandises et animaux. Bâtie comme une athlète, vêtue comme un matelot, son instinct, sa force et son courage lui donnèrent plusieurs fois l'occasion de sauver des vies et des cargaisons. Elle reçut en 1837 la médaille d'honneur des sauveteurs en mer."

   Cédric Morgan imagine la vie de cette géante, puissance de la nature, vie dont on ne sait rien hormis quelques lignes sur un panneau touristique dans le golfe du Morbihan ou quelques pages dans une chronique sur la presqu'île de Rhuys. 

   Une femme simple, une vie simple, une belle vie bien remplie; un travail dur certes mais proche de la nature et de ses merveilles; la contemplation des paysages et de ses habitants; l'amour aussi, le coup de foudre, la liberté de choix, le don de soi, pleinement. 

   Cédric Morgan fait de cette batelière-passagère une femme hors du commun vibrante d'une vie simple.

   Un texte très bien écrit, magnifique et bouleversant, qui se lit d'une traite. Une femme simple a reçu le prix Bretagne-Breizh en 2015.

   "Son passé, son futur tenaient en deux mots : labeur et repos. Et, à côté, il y avait en récompense les joies de l'existence. Elle ne les recensait pas là où les débusquaient les autres femmes quand, au lavoir ou aux moments de pause lors des travaux des champs, elles les énuméraient en riant : le bal, la fête, les rires, la foule, les compliments et certaines façons des hommes, le va-et-vient des charrettes, la foire, les beaux habits des processions. 

   Elle ne les comptait pas sur ses doigts, elle ne pouvait dresser la liste de ses plaisirs et contentements. Si elle s'était interrogée plus avant, les bonheurs de l'existence lui seraient apparus, dans la venue, au jour le jour, d'un rayon de soleil, dans la course des nuages, les allers-retours des marées, l'observation de l'oiseau, la fleur, la valse lente de la vague, l'affairement de l'insecte, le balancement des frondaisons; aussi dans le sourire d'un homme, les rires d'une femme, les doigts que l'on frôle, certaines musiques, la saveur d'un fruit. Et encore, dans la lune en plein jour, faucille oubliée dans son champ de bleuets, où la présence subtile rappelait en pleine lumière l'envers du jour, l'existence d'une obscurité."

 

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L'antiquaire de Zurich, Michael Pye

1 Août 2020 , Rédigé par Cécile Publié dans #Roman

    Ce livre raconte la vie d'une femme qui vivait à Berlin avec son jeune fils pendant les années de guerre. Elle survit aux bombes, au froid et à la faim. Et comme elle est belle et a de très bonnes relations, on lui fait confiance : des juifs lui remettent leurs biens, meubles et avoirs, pour qu'elle les aide. Mais elle ne les restituera jamais et les emporte en Suisse à la fin de la guerre. Elle ouvre une belle galerie d'art et fait fortune.

   Ce roman, inspiré d'une histoire vraie, raconte la spoliation de riches familles juives, leur pillage par des marchands sans morale. Il y a d'incroyables descriptions de Berlin bombardé, de la ville qui s'écroule et de la fuite folle vers des pays plus surs en 1945.

   Le titre original The Pieces from Berlin est plus parlant car il nous parle d'objets précis, décrits par les ex propriétaires. Le roman tourne autour d'une petite table en marqueterie, reconnue 40 ans après dans une vitrine par sa légitime propriétaire, une juive rescapée des camps de concentration. Elle a bien connu l'antiquaire, elles ont même été amies et elles se retrouvent longtemps après. Un vague procès, aucune punition, tout cela a permis à l'antiquaire de vivre toute sa vie dans le luxe et la reconnaissance du monde de l'art.

   C'est l'histoire vraie d'une voleuse, Andreina Schwegler-Torré. Une voleuse sans morale, une parmi d'autres car de très grandes collections d'art ont encore des tableaux d'origine douteuse. Aujourd'hui nous en sommes à l'époque des restitutions d'oeuvres après de très longues recherches par des spécialistes mondiaux. Alors voilà un roman parlant et concret sur le sujet.​

   Bonne lecture !

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Origine, Dan Brown

22 Juillet 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

   Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu Dan Brown. J'ai trouvé Origine dans ma bibliothèque ce qui m'a donné envie de me replonger dans son univers. 

   Sorti en 2017, Origine est une nouvelle enquête de Robert Langdon. Le thème ? La bataille entre la science et la / les religions, les athés et les croyants.  Un vaste sujet, indémodable !

   L'ami et ancien élève de Robert Langdon, Edmond Kirsch, est sur le point de révéler à l'humanité les réponses aux questions qu'elle se pose depuis des siècles "D'où venons-nous? Où allons-nous ?". Futurologue, athé et ennemi juré des religions, Edmond n'aura pourtant pas l'occasion de le faire de son vivant. Mais qui avait intérêt à l'en empêcher ? Robert Langdon, en compagnie de la future reine d'Espagne - aussi responsable du musée Guggenheim où devait avoir lieu la conférence d'Edmond - va remonter la piste de Bilbao à Barcelone pour diffuser ses révélations au plus grand nombre.

   Un bon moment de détente, émaillé de quelques belles vues du musée Guggenheim et de la Sagrada Familia, même si le début est un peu longuet et la chute n'est pas, et peut-être ne pouvait pas être, exceptionnelle. Qu'en pensez-vous ?

   "Malgré son extravagance extérieure, la véritable surprise que réserve la Sagrada Familia se trouve à l'intérieur, une fois passées ses portes. Les visiteurs restent bouche bée devant les piliers vertigineux de la nef qui, dans un foisonnement de formes, s'élèvent comme autant d'arbres supportant une canopée d'albâtre à plus de soixante mètres de hauteur. Gaudi avait créé cette "forêt de colonnes" pour que le fidèle se sente en symbiose avec les anciens, quand les forêts étaient les premières cathédrales du monde."

   " - A mon sens, continua Bena en descendant les marches, le seul moyen pour la chrétienté de survivre à l'avènement de la science est de lui servir de guide spirituel. Grâce à notre expérience - des millénaires de réflexion, de méditation, d'exploration des âmes -, nous pouvons aider l'humanité à établir un cadre moral et nous assurer que les nouvelles technologies vont nous unir et nous élever ... et non nous détruire."  

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Le vieux qui lisait des romans d'amour, Luis Sépulveda

4 Juillet 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

      Un très joli texte, accessible et poétique, pour découvrir Luis Sepulveda. Un plaidoyer pour l'écologie et la protection de la forêt amazonienne.  

   Un vieil homme lit des romans d'amour dans la jungle amazonienne. Il a vécu avec les Shuars, tribu amérindienne, a découvert qu'il savait lire par hasard pour des élections, a recherché son style de lecture auprès d'une institutrice de village. C'est surtout un magnifique conte d'aventure, de la vie des villages perdus au bord du fleuve, du combat pour survivre dans une jungle belle, si belle, mais loin d'être hospitalière pour l'homme blanc.

   "Il lisait lentement en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s'il les dégustait, et, quand il avait maîtrisé le mot entier, il le répétait d'un trait. Puis il faisait la même chose avec la phrase complète, et c'est ainsi qu'il s'appropriait les sentiments et les idées que contenaient les pages." 

   "Ce livre entre les mains du curé fascina Antonio José Bolivar. Il attendit patiemment que le curé vaincu par le sommeil le laisse échapper. C'était une biographie de Saint François qu'il feuilleta furtivement avec l'impression de commettre une sorte de larcin. Il épela les syllabes, puis sa soif de saisir tout ce qui était contenu dans ces pages le fit répéter à mi-voix les mots ainsi formés. Le prêtre se réveilla et observa, amusé, Antonio José Bolivar, le nez dans son livre.  -C'est intéressant? demanda-t-il. [...] -On dirait que ça parle surtout d'animaux, répondit-il timidement. - Saint-François aimait les animaux. et toutes les créatures de Dieu. -Moi aussi je les aime. A ma manière."

   "Antonio José Bolivar ôta son dentier, le rangea dans son mouchoir et sans cesser de maudir le gringo, responsable de la tragédie, le maire, les chercheurs d'or, tous ceux qui souillaient la virginité de son Amazonie, il coupa une grosse branche d'un coup de machette, s'y appuya, et prit la direction d'El Idilio, de sa cabane et de ses romans qui parlaient d'amour avec des mots si beaux, que, parfois ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes."

Pour d'autres lectures et mieux connaître l'auteur

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/04/mort-du-grand-conteur-chilien-luis-sepulveda.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2017/08/l-ombre-de-ce-que-nous-avons-ete-luis-sepulveda.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2018/08/le-vieux-qui-lisait-des-romans-d-amour-luis-sepulveda.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/11/l-ange-vengeur-luis-sepulveda.html

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Le Jour des corneilles, Jean-François Beauchemin

27 Juin 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

   Quel gouffre entre la forme et le fond ! Une écriture parfaite, au style poétique, dans une sorte de langue désuète pour raconter l'histoire de ce fils élevé dans la forêt par son père. Elevé, ou plutôt torturé, harcelé. Ce père schizophrène qui parle avec "ses gens" et ce fils, en mal d'amour, qui voit les défunts. Sa mère, morte lors de sa naissance, est là près de lui avec sa petite lumière bleue, elle semble veiller sur lui, mais elle a l'air si triste. 

   C'est assurément un grand roman de Jean-François Beauchemin auteur québecois, que Le Jour des corneilles, paru en 2004, et récompensé en 2005 par le prix France-Québec.  Conte philosophique et poétique où le fils, sans prénom, et sans vocabulaire, recherche en lui-même ce que signifie être humain, être aimé, dans un univers où la violence côtoie la beauté de la nature.

   Un style qui parle à l'âme et en ferait presque oublier l'horreur de l'histoire - comme un chant de sirènes - si l'esprit s'y laissait entraîner.

   "Et toujours des saisons paraissaient, s'établissaient puis repliaient, abandonnant à la forêt leurs pluies, leurs bêtes nouvelles, leurs sociétés d'oiseaux, leurs brigades de tanières, leurs branches engrossées. Par printemps, l'air s'échauffait et gonflait de sève arbres et boqueteaux. En arrière-saison, les cieux ornaient le monde du rideau souple des averses. Ramures saignaient puis lâchaient leur cargaison de feuilles comme pages déchirées. Bourrasques s'en emparaient, et c'était tout le récit de l'été qui s'envolait. Venaient ensuite neigettes, déposant couvercle sur l'étang et capiton de ouate sur toutes choses. En leurs trous, ratons, putois, belets, marmottes et ours entamaient ample roupil, et patientaient sous chairs ensiestées que rebroussent herbettes. La forêt, elle-même stoppait sa vie en attendant que lombrics, faufilés en leurs couloirs, recommencent à manger la terre. Et, en effet, la terre un jour se défigeait, et oisillons s'envolaient des nids, et cieux nouveaux se recomposaient. "

   "il me paraît que cet incendie brûlant en mes plomberies et terrains n'était autre que la joie d'être vif. Surprise des jours ! Lors même que le malheur s'abat sur nous comme grêlons, voici que brille en nos ventres une joie, courtaude et ténue, mais pourtant suffisante pour pardonner au sort ses rudesses ! Phénomène des fortunes ! Miracle du monde ! Chef d'oeuvre du ventre ! Cependant, ce feu, ce sentiment si grand, et mêmement tous les sentiments qui séjournaient en ma personne, ne m'apportaient pas que liesse. Ils me rappelaient aussi ma tristesse de ne toujours point trouver pour moi chez père de sentiment, justement. Oh ! comme il me tardait d'apercevoir enfin, comme émanant de lui, un peu de ce chérissement-là ! "

   "Et quoi de plus vain [...] qu'une existence de bourgeois ou de créature sans chérissement, c'est-à-dire sans ouverture menant au coeur ? C'est là, de ma carrière humaine, l'objet de ma plus tendre peur. "

   "Aussi mère me faisait-elle entendre que j'étais à ma façon aussi piètre toiseur que père, et qu'il faudrait encore m'aiguiser l'oeil. Car, enfin, ne faut-il pas posséder claire pupille pour voir amour, ainsi que je l'ambitionnais ?"

   "Au bout d'une durée, il sortit de sa torpeur et fouilla en une poche de son vêtement, d'où il tira une michotte de pain et une gourde d'eau-de-raisin. Usant de sa robe comme d'une table, il rompit le pain et en avala une morcelle. Il m'offrit par suite à manger, ce que je fis volontiers, car, à cette heure, j'avais l'estomac qui commençait à grincer. Puis il déboucha la gourde, y breuva et m'invita à le singer, ce que je fis encore. [...] Glissant alors la main sous son accoutre à l'altitude du poitrin, il commença à fouiller ce secteur fébrilement. Puis le voici qui sort avec lenteur sa main, enserrant à présent quelque chose que je ne démêle pas encore. J'agrandis l'oeil, soulève le sourcile, allonge le col, et que vois-je ? Vision fabuleuse ! Spectacle incroyable ! Impensable tableau ! Le mort tenait son coeur, son coeur, son coeur encore tout remuant de mouvements et de vies ! Cloué sur ma billette, j'étais si stupide que j'en égarai sur le moment la parole, et presque le respire."

   

   

   

 

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Du haut d'un brin d'herbe, on voit bien la Terre

16 Juin 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman, #Développement personnel

   Arthur est un citadin businessman accompli. Il vit à Paris, a une compagne avec laquelle il partage un quotidien tranquille sans fougue particulière. Il travaille pour une multinationale pharmaceutique qu'il a choisie afin de poursuivre des recherches motivées par son histoire familiale.  Du jour au lendemain cette vie droite et rangée est remise en question de A à Z. Les évidences d'Arthur volent en éclat. Il  décide alors de changer de vie et de s'installer à la campagne.

   Dans ce roman autobiographique, tinté de développement personnel, Antoine Paje nous raconte l'installation d'Arthur dans une vieille bâtisse, ses déboires, ses découvertes, la confiance en soi et la fierté qu'il acquiert petit à petit dans ce nouveau monde où tout est à construire. 

    Du haut d'un brin d'herbe, on voit bien la Terre est une description réaliste de la vie dans une bourgade à la campagne. La proximité, l'entraide, les relations de voisinage sympathiques, le rythme apaisé, la nature ominprésente aussi. 

   Tout à fait d'accord avec vous, Antoine Paje ! Quel bonheur de vivre à la campagne ! 

   Merci aussi à Pocket pour la couverture originale en carton. 

   "il était en train de découvrir le temps long. Ce temps des projets, des réflexions, des réalisations, de la concentration. L'inverse du temps court, bien souvent synonyme du temps du gâchis. Gâchis d'énergie, de temps justement, de plaisir aussi. Le zapping permanent de nos journées, d'une miniactivité, d'une pensée fugace à une autre."

   "Mon père le répétait : Il ne faut jamais jamais plier le genou devant l'injustice sous prétexte que l'autre camp est plus fort. Il faut juste devenir plus malin. On fait ce que l'on doit faire, même si on échoue."

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La Parure et autres nouvelles, Guy de Maupassant

8 Juin 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

 

   Un hommage à un ami amateur de littérature, d'humour et de bonne cuisine, qui m'a conseillé ce recueil de nouvelles entre deux éclats de rire, et sans qui je serai passée à côté d'un chef d'oeuvre.

   Avec La Parure, Une aventure parisienne, A cheval, Le père, La dot, Le rendez-vous, Guy de Maupassant magnifie la nouvelle. Ce sont de véritables petits bijoux, particulièrement bien ficelés, au style incisif.

   Une belle façon d'aborder un auteur classique en quelques pages. A mettre dans toutes les mains !

 

 

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La Pitié dangereuse, Stefan Zweig

30 Mai 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

  Oui, la pitié peut être terriblement dangereuse, elle peut nous entraîner sur des chemins douloureux contre notre volonté. 

   C'est ce que va expérimenter, pas à pas, sans presque sans rendre compte, Anton Hofmiller, dans sa relation avec Edith de Kekesfalva. A l'aube de la Première Guerre mondiale, le lieutenant Hofmiller, de condition modeste, est l'un des officiers d'une garnison de cavalerie d'une petite bourgade proche de Vienne. Sa vie quelconque se déroule sans heurts au service de l'armée. Jusqu'à cette fête donnée par le châtelain de Kekesfalva au printemps 1914 où le lieutenant commet une gaffe qu'il va souhaiter réparer. 

   La Pitié dangereuse, paru en 1939 et écrit à Londresest le seul roman achevé de Stefan Zweig, que l'on connaît surtout par ses nouvelles, pour les profils incisifs et physiologiques de ses personnages. 

   "Il y a deux sortes de pitiés. L'une, molle et sentimentale, qui n'est en réalité que de l'impatience du coeur de se débarrasser le plus vite de la pénible émotion qui vous étreint devant la souffrance d'autrui, qui n'est pas du tout la compassion, mais un mouvement instinctif de défense de l'âme contre la souffrance étrangère. Et l'autre, la seule qui compte, la pitié non sentimentale mais créatrice, qui sait ce qu'elle veut et est décidée à persévérer jusqu'à l'extrême limite des forces humaines."

   "A peine eûmes-nous franchi la porte qu'involontairement le docteur Condor et moi nous restâmes immobiles sur la plus haute marche du perron, devant l'aspect étonnant du jardin qui s'étendait à l'entrée de la villa. Pendant les heures que nous venions de passer à l'intérieur il n'était venu à l'esprit d'aucun de nous de regarder au dehors, et maintenant un changement complet nous attendait. Dans le ciel étoilé la pleine lune géante avait un éclat extraordinaire, et, tandis que l'air chauffé par le soleil du jour nous enveloppait d'une chaleur estivale, ses rayons aveuglants répandaient sur le monde une sorte d'hiver magique. Entre les arbres taillés droit et dont l'ombre flanquaient l'allée le gravier semblait de la neige fraîchement tombée. Miroitants dans la lumière comme du verre et dans l'obscurité comme de l'acajou, les arbres paraissaient plongés dans un engourdissement absolu. Jamais encore je n'ai vu la lune donner aux choses un aspect spectral que dans le calme et l'immobilité de ce parc submergé par les flots de cette froide lumière. L'enchantement était tel que nous descendîmes d'un pas hésitant l'escalier qui nous semblait être de glace."

   Du même auteur, sur le blog

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2018/09/le-voyage-dans-le-passe-stefan-zweig.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2018/07/lettre-d-une-inconnue-stefan-zweig.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2018/08/la-ruelle-au-clair-de-lune-stefan-zweig.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2018/08/le-joueur-d-echecs-stefan-zweig.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/02/la-peur-stefan-zweig.html

   

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Linguère Sara Le voyage d'une vie, Béatrice Bernier-Barbé

20 Mai 2020 , Rédigé par Clarisse Publié dans #Roman

   J'ai adoré le premier roman de Béatrice Bernier-Barbé. Il y a quelques mois, mon attention avait été attirée par ce livre, et par son auteure croisée furtivement à la journée du livre du lycée français de Dakar l'automne dernier. Mon installation récente au Sénégal et mes activités de thérapeute m'ont fait mettre de côté mes projets de lecture évasion. 

   C'est donc un retour vers le roman que je m'offre avec Sara, l'héroïne de cette belle histoire peut-être un peu autobiographique ... mais qu'importe l'origine de ce voyage. 
 
   C'est un livre à découvrir pour ceux qui voudraient s'évader vers l'Afrique, voyager entre 2 continents, suivre le parcours initiatique d'une jeune Toubab qui s'expatrie en  France. C'est là toute la spécificité de son personnage avec ses origines françaises, une enfance africaine, étant née au Sénégal. Après quelques pages, on ressent le décor, on y rencontre des personnages attachants, des situations qui nous accrochent et nous parlent. Les portraits sont vrais, très fouillés et bien observés tant sur l'aspect psychologique, que sur les relations inter-personnelles. On suit ce voyage d'une vie illustré par des questionnements sur le sens que nous pouvons lui donner, sur l'amour, l'amitié et sur le hasard des rencontres. On aborde bien sûr la place que chacun de nous doit apprendre  à occuper pour vivre libre en dehors de toute dépendance. Ce voyage d'une vie nous propose d'observer ce qui pour l'héroïne lui sert d'expériences et de guides pour avancer.
 
   Roman au profil initiatique car on y parle spiritualité, karma, mission de vie avec beaucoup de simplicité, de pudeur et parfois de la retenue. C'est un roman aussi plein de rebondissements, avec des situations inattendues et des réflexions laissant place à la libre interprétation du lecteur.
 
   Pour ma part, j'adhère à toute cette aventure, surtout dans les rencontres que notre raisonnement rationnel ne peut expliquer. Notre conscience et notre esprit ne pourraient-ils être si vastes pour qu'ils intègrent nos mémoires de vie et l'Univers tout entier ! La réponse peut-être dans un prochain roman ! 
 
   C'est un premier roman prometteur rempli d'intelligence émotionnelle, de générosité, de poésie, et d'une grande sensibilité... 
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Vaincue par la Brousse, Doris Lessing

10 Mai 2020 , Rédigé par Cécile Publié dans #Roman

    Le titre anglais est très poétique et je vous le cite pour le plaisir : The Grass is Singing. C'est le premier roman écrit par Mme Lessing, parut en 1950 il eut un succès immédiat et fut beaucoup traduit.

   Ce drame africain se passe dans les années 1940 en Rhodésie du Sud. Une jeune citadine blanche, qui travaille et est indépendante se marie après une longue vie de célibataire, et elle va vivre dans une ferme isolée et pauvre dans la brousse. Là bas tout lui déplaît, il fait très chaud, c'est un milieu très rustique. La vie à la ferme est rude et les différentes cultures entreprises par son époux sont un échec. Les difficultés vont croissant dans le couple, elle déprime et perd presque la tête. Lui tombe malade du paludisme, il a de fortes crises et s'affaiblit, elle doit alors surveiller le travail aux champs des ouvriers agricoles noirs. Ce sont des relations de maître à esclaves qu'elle découvre, et elle a du mal à se faire respecter. Déroger à ces règles tacites peut entraîner des drames et fausser des rapports humains établis dans la communauté.

   Ce roman est aussi un drame psychologique de l'Afrique coloniale anglaise. Mais il est aussi le triste portrait d'un mariage raté dans une nature isolée et sauvage.

   Et sur l'auteur  http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/04/doris-lessing-conseils-pour-la-lecture.html

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