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essais

Jeanne d'Arc - D'après ses témoins, les historiens ... et quelques autres, Claude Faisandier

18 Octobre 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Roman

   Connaissez-vous Jeanne d'Arc et son histoire ? Comment elle partit de Domrémy avec la mission divine de faire sacrer Charles VII à Reims, puis, comment abandonnée de tous, trahie, elle finit sa vie non dans la gloire mais sur le bûcher, à Rouen, le 30 mai 1431 à l'âge de 19 ans, en appelant Jésus. Le 7 juillet 1456 son "procès de condamnation jugé "corrompu, frauduleux, calomnieux, perfide et déloyal", est "cassé, supprimé et annulé" ". 

    Ce livre est le fruit d'un historien qui a étudié les principales sources connues - minutes du procès de Jeanne d'Arc, essais et littérature - et en propose une synthèse plutôt factuelle que spirituelle. On y découvre le profil psychologique de Jeanne, une jeune-femme forte et équilibrée, gaie, "d'une magnifique santé physique et morale [...] d'un sens aiguisé de l'humour et d'une puissance d'espoir étonnante en une époque où la mode était à la désespérance (extrait de La spiritualité de Jeanne d'Arc de Régine Pernoud)". "Elle néglige les côtés secondaires, apparents, superficiels pour se porter d'emblée au centre du problème ... Sa méthode est ... une synthèse de l'intuition et de la décision ... action sans irrésolution, sans angoisse ... (extrait de Problème et Mystère de Jeanne d'Arc de Jean Guitton.)" 

  Un ouvrage intéressant pour découvrir la vie de la Sainte et son combat.

"Le roi s'entretenait familièrement avec elle. Un jour quelle conversait avec lui, elle vit apparaître le duc d'Alençon, gendre de Charles d'Orléans, et dont le duché normand se trouvait confisqué par les Anglais. Elle lui fit le meilleur accueil. Une sympathie naquit entre les deux. Ils avaient presque le même âge. Elle l'appelait "mon beau duc" et "l'aimait parce qu'il croyait en elle quand tous doutaient ou niaient." Le lendemain après la messe, elle demanda solennellement au roi qu'il fît le don du royaume au "Roi des Cieux", celui-ci devant ensuite le lui remettre "en commande". Etranger sans doute à de tels échanges mystiques, le roi ne crut pas s'engager beaucoup en acquiesçant." 

"Jeanne se trouvait à Tours qui appartenait à Yolande d'Aragon. Opposée à la Trémoille, la duchesse d'Anjou (belle-mère [...] de Charles VII) avait pris le parti de Jeanne, dont elle pouvait espérer l'aide lors d'une défense de sa province contre les Anglais."

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Jésus - Messie qui accomplit les prophéties, François-Claude Gugliemina

12 Octobre 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Développement personnel

 François-Claude Guglielmina est docteur ès sciences. Féru d’histoire, de philosophie des sciences et de religion, il est l’auteur plusieurs essais.

Dans Jésus - Messie qui accomplit les prophéties François-Claude Gugliemina mène l’enquête à partir de sa Bible, “la sainte Bible des moines de Maredsous”, une Bible expliquée https://www.youtube.com/watch?v=tN3dceiYons

Il met en lumière les principales "typologies" du Nouveau Testament et de l’Ancien, terme dont il donne par ailleurs en fin d’ouvrage une définition applicative détaillée. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Typologie_biblique.  

 

Il s’agit principalement d’un texte reproduisant des extraits de la Bible et les mettant en perspective par de courtes analyses qui amènent le lecteur à la compréhension et la méditation. Les thèmes principaux en sont l'accomplissement par Jésus des prophéties : Jésus le nouvel Adam, Jésus le Nouveau Jonas, Jésus le Nouveau Moïse, Jésus le Nouvel Elie, le Royaume. 

Une première introduction donc à la typologie biblique car certainement un peu court pour les initiés.

 

“Rapports de Maître à disciple

Avant de laisser Elisée seul, Elie lui donne une partie de ses pouvoirs. Quant à Jésus, il n’oubliera pas d’envoyer l’Esprit Saint à ses disciples.

Il y a un rapport certain en Jésus Christ monté au “Ciel”, laissant Ses disciples et nous-mêmes, les Chrétiens, continuer Son travail dans l’Eglise, et Elie enlevé au “Ciel” laissant son disciple Elisée continuer son travail dans le même esprit que son Maître. 

Nous sommes appelés à reproduire l’Evangile à notre manière dans la période historique où nous vivons.” 

 

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Plus tard, je serai un enfant, Eric-Emmanuel Schmitt entretiens avec Catherine Lalanne

7 Octobre 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

Voici un très beau témoignage tout en pudeur où Eric-Emmanuel Schmitt se dévoile sous la plume délicate de Catherine Lalanne.

Une enfance lyonnaise sur les hauteurs de Fourvière a forgé son sens de l’observation, de l’émerveillement et de la contemplation. 

Une maman aimante, une sœur complice, un père exigeant, un grand-père artisan et passionné, bref une famille soudée où il peut grandir épaulé et développer sa créativité ainsi que son sens de l’effort.  

Croire en soi, oser, se faire confiance et vivre joyeux en réalisant ses rêves comme un enfant tel est le programme qu’Eric-Emmanuel Schmitt met en pratique, en étant tour à tour écrivain de romans, de pièces de théâtre ou d’essais philosophiques, réalisateur et acteur. Il est aujourd’hui membre de l'académie Goncourt et a même racheté le théâtre Rive Gauche rue de la Gaité, un nom de rue prédestiné pour un homme attachant.

A lire en écoutant Mozart et notamment l’Ave Verum Corpus.

Découvrez ses autres écrits sur le blog :

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/01/la-nuit-de-feu-eric-emmanuel-schmitt.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/09/la-nuit-de-feu-eric-emmanuel-schmitt.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/05/odette-toulemonde-et-autres-histoires-eric-emmanuel-schmitt.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/11/oscar-et-la-dame-rose-eric-emmanuel-schmitt.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/01/les-dix-enfants-que-madame-ming-n-a-jamais-eus.html

“Toujours en mon adultie, j’ai tenté de tenir les promesses formulées à l'aube de ma destinée ; chaque fois que j’y suis arrivé - narrer, jouer de la musique, monter sur scène, réaliser des films -, j’ai éprouvé un plaisir tonique, fait d’ivresse, d’orgueil, de jubilation, auquel s’ajoutait une colère contre le temps perdu. Quelle endurance ont les rêves ! Tant périssent dans les allées des cimetières bordant notre existence que nous devrions les soigner, les considérer et leur octroyer la place d’ambitions essentielles. Fréquemment j’ai noté que la fonction d’adulte m’égarait, me confinait à des tâches périphériques, détournait mon ardeur sur des buts douteux : obtenir des diplômes, décrocher des prix, gagner de l’argent, épingler les honneurs. Un enfant ne prend pas de telles futilités au sérieux !”

“La vieillesse possède à mes yeux une deuxième qualité : la fragilité. Comme l’enfance, elle s’avoue vulnérable, et, par là même intelligente. Rien ne rend plus sot que l’illusion de la force, l’illusion de la puissance, l’illusion de savoir.”

“Mozart accompagne ma vie dont il est à la fois le magicien - il me signale la poésie des êtres - et le guide spirituel - il m’initie à une sagesse heureuse. Quel professeur de tendresse ! Jusqu’à mon souffle ultime, je n’aurai de cesse de le remercier. Par attachement à lui, à l'existence et à mes prochains, j’essaie de le rendre le plus contagieux possible. […] Mon but s’avoue autant existentiel que culturel. introduire à Mozart, certes, mais surtout guérir par Mozart, réconforter par Mozart, convertir à la joie par Mozart. L'art nous aide à vivre.” 

“Deuils, maladies, trahisons, fautes, injustices… Ma joie spontanée, les événements l’ont attaquée, secouée, corrompue. Or la moribonde a résisté. Mieux, elle s’est affermie. De naturelle, ma joie est devenue volontaire : je la soigne, je la nourris, je la cultive. [...] La vraie joie est ce qui demeure quand on a pressé le jus du malheur. Pour ne pas crever des douleurs du deuil ou de l’agonie, j’ai dû approfondir mon aptitude à l’enchantement, accroître ma fermeté face à l’adversité. ”  

“Oui, je suis optimiste parce que c’est l’unique pari logique que mon esprit a repéré : si le destin me prouve que j’ai eu raison d’avoir confiance, j’aurai gagné ; et si le sort me prouve que j’ai eu tort, je n’aurai rien perdu, mais j’aurai eu une meilleure vie, plus utile, plus généreuse.” 

“A 40 ans, j’ai découvert l’esprit d’enfance. Qu’est-ce ? Le sens de l’étonnement, la curiosité, l’appétit, l’enthousiasme, le goût du jeu, l’humilité, la modestie, la confiance dans l’inconnu, ces qualités dont nous jouissons avant de les abîmer ou les égarer. Sans rebrousser chemin, il faut les récupérer. Aujourd’hui, je me force à lutter contre l’illusion de savoir. J’ai la passion du nouveau. Je refuse la fatigue de vivre. Je proscris le sentiment de déjà-vu ou de déjà-entendu. Je casse toute habitude. J’entends cultiver la fraîcheur, la saveur de la première fois, la naïveté éternelle.

L’art m’y aide. Quand j’admire un tableau ou que j’écoute une musique, je deviens vierge, neuf, j’assiste à une épiphanie. L’aube scintille.”

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Thérèse et François, Elisabeth de Baudoüin

1 Octobre 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Développement personnel

Un bel ouvrage pour approfondir sa connaissance de ces deux personnages clé de la chrétienté : le Pape François et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Lisieux, 33è docteur de l’Eglise.

On y découvre l’attachement et la dévotion que François porte à la petite Thérèse. Thérèse est l’une de ses saintes "préférées", si l’on peut dire, aux côtés de Saint Joseph et de Saint Ignace de Loyola . Il lui demande de l’aider et elle l’accompagne sur sa route avec des roses blanches. “Lorsque j’ai un problème, je le lui confie. Je ne lui demande pas de le résoudre, mais juste de le prendre dans ses mains et de m’aider [à l'accepter]. Et comme signe, je reçois presque toujours une rose [blanche].”

Finalement quoi de plus normal que cet accord François - Thérèse, Thérèse - François. La Sainte n’est-elle pas la patronne des missions et notre pape ne demande-t-il pas à l‘Eglise d’être “en sortie”.  “Partir à la recherche de l’autre, plutôt que d’attendre qu’il vienne à soi. Pour moi, là est la clé.” 

Le pape François, en bon berger, partage aussi avec Thérèse la même vision de la miséricorde de Dieu, la recherche du salut de chaque âme; on pourra se référer à la lecture de son ouvrage Qui suis-je pour juger? http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/04/qui-suis-je-pour-juger-pape-francois.html

De même, comme Thérèse, il est un fervent supporter de l’intercession car prier pour son prochain et l’aimer ne vont pas l’un sans l’autre.

En 2015 le pape François a canonisé Louis et Zélie Martin au cours du synode sur la famille.

Thérèse et François une enquête émaillée de rencontres avec des proches du Pape, d’anecdotes, de citations et de références pour prolonger la lecture.

“Prière du Pape François à Saint Joseph [traduite par l’auteur]

Glorieux patriarche Saint-Joseph, dont le pouvoir sait réaliser les choses impossibles, vient à mon aide dans ces moments d’angoisse et de difficulté. Prends sous ta protection les situations graves et difficiles que je te confie, pour qu'elles aient une heureuse issue.

Père bien-aimé, je place toute ma confiance en toi. Qu'on ne dise pas qu’on t’a invoqué en vain, et puisque tu peux tout auprès de Jésus et de Marie, montre-moi que ta bonté est aussi grande que ton pouvoir. Amen.”

 

“Prière pour demander une rose

Ô Thérèse de l’Enfant-Jésus

Je te prie de prendre une rose 

Dans les jardins célestes

Et de me l’envoyer

Comme message d’amour.

 

Petite fleur de Jésus

Demande à Dieu pour moi la grâce

Que je remets avec confiance 

Entre tes mains

 

[Demander la grâce]

 

Thérèse de l’Enfant-Jésus,

Aide-moi à toujours croire

Comme tu l’as fait

Au grand amour que Dieu à pour moi

De sorte que je puisse t’imiter

En suivant quotidiennement

Ton chemin de sainteté”

 

“Grâce à mes deux mains j’ai découvert que Jorge Mario Bergoglio, du temps où il était archevêque de Buenos Aires (mais pas encore cardinal), avait écrit une prière, pleine de charité et à portée de main : la “prière des cinq doigts”. Cette prière devenue très populaire en Argentine témoigne de la place ancienne et centrale de l’intercession dans la vie et le ministère du pasteur Jorge Mario Bergoglio. Elle repose sur une idée simple et concrète : s’appuyer sur les cinq doigts de la main pour prier pour le prochain :

Le pouce, le doigt qui nous est le plus proche - sert à prier “pour nos proches et ceux qui nous sont chers”.

L’index, qui monte le chemin, “pour ceux qui enseignent, éduquent et soignent" : maîtres, professeurs, médecins et prêtres.

Le majeur, le plus grand, “pour ceux qui nous gouvernent et tous les dirigeants.”

L’annulaire, le plus faible, "comme le confirment tous les professeurs de piano”, mais aussi celui de l'alliance - pour les faibles, les malades et les époux.

Et enfin, l’auriculaire, le plus petit de tous, “pour nous mêmes, qui devons nous sentir petit face à Dieu et au prochain.”

“Quand tu auras prié pour tous les autres, tu pourras alors mieux comprendre quels sont tes vrais besoins”, conclut le pape.”

 

 “dans son encyclique Laudato si “L’exemple de sainte Thérèse de Lisieux nous invite à pratiquer la petite voie de l’amour, à ne pas perdre l’occasion d’un mot aimable, d'un sourire, de n’importe quel petit geste qui sème paix et amitié.” :http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/07/loue-sois-tu-lettre-encyclique-laudato-si-sur-la-sauvegarde-de-la-maison-commune-pape-francois.html  

A lire aussi, Histoire d'une âme de Sainte Thérèse

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/11/histoire-d-une-ame-sainte-therese-de-l-enfant-jesus-et-de-la-sainte-face.html

 

 

 

   

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La puissance de la joie, Frédéric Lenoir

7 Septembre 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Développement personnel, #Essais

   Il y a moins d’un an, grâce à Frédéric Lenoir, je découvrais Spinoza et son Ethique, une philosophie de la joie.

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/12/le-miracle-spinoza-une-philosophie-pour-eclairer-notre-vie-frederic-lenoir.html

Ici Frédéric Lenoir étaye le sujet toujours avec Spinoza, mais aussi avec  Nietzsche et Bergson, ainsi que les pensées taoïste et chrétienne. Il positionne la joie, par rapport aux plaisirs éphémères d’un côté et à la quête du bonheur de l’autre.  

La joie est toujours soudaine, intense et éphémère souvent, alors est-il possible de la faire durer comme dans le titre de la célèbre cantate de Bach “Jésus que ma joie demeure”?

Quand nous ressentons de la joie nous augmentons notre puissance d’exister, notre force vitale et créatrice. La voie de la joie permanente, et donc de la liberté, est de travailler sur la connaissance de soi afin de déterminer ce qui nous met en joie. Un travail d’introspection essentiel. 

Pour Montaigne la joie est celle des plaisirs simples de la vie, de la tranquillité, des relations apaisées, “à l’instar des sages de l’Antiquité, il nous invite à bien connaître notre nature et à former notre jugement pour apprendre à discerner ce qui est bon pour nous, ce qui nous met dans la joie, et ce qui, à l’inverse, nous plonge dans la tristesse.” 

Frédéric Lenoir nous propose un itinéraire sur ce chemin d’apprentissage avec la mise en pratique de “l’attention, la présence, la méditation, la confiance et l’ouverture du coeur, la bienveillance, la gratuité, la gratitude, la persévérance dans l’effort, le lâcher-prise, la jouissance du corps.”

Où l’on découvre aussi l’itinéraire de vie de Frédéric Lenoir, comment il s’est construit sa propre philosophie de la joie aux côtés de ces prestigieux confrères. Un essai couplé d’une autobiographie émouvante et sincère qui nous permet de mieux connaître l’homme derrière l’auteur.

“Chaque pas en avant nous libère un peu plus, ouvre davantage notre coeur et agrandit la puissance de notre joie. Nous pouvons ainsi vivre des expériences de joies pures, enivrantes, pleines, qui manifestent que nous progressons vers ce chemin de libération de l’égo, sans être pour autant parvenus au bout du chemin. Il est important de distinguer ces expériences ponctuelles de cet état de joie parfaite et permanente, celui qu’atteignent les sages et les saints totalement libérés de leur égo. Mais tant que notre mental et notre égo sont encore aux manettes, même si nous cheminons favorablement dans la vie intérieure, ces moments de joie pure sont suivis d’obstacles et de souffrances intérieures qui proviennent de nos parts d’ombre.” 

 

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2017/10/du-bonheur-un-voyage-philosophique-frederic-lenoir.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2017/10/l-ame-du-monde-frederic-lenoir.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/06/socrate-jesus-bouddha-trois-maitres-de-vie-frederic-lenoir.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/03/dieu-petites-et-grandes-questions-pour-athees-et-croyants-frederic-lenoir-entretiens-avec-marie-drucker.html

 

 

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L'humour du Christ, Denis Bost

17 Juin 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

   Au travers de la lecture des Évangiles, Denis Bost nous fait goûter à l'humour du Christ ou, plutôt, nous montre son sourire. Car comment ne pas sourire avec Jésus lorsqu'il défait l'adversaire lors de la tentation au désert, lorsqu'il donne une leçon sur la Loi aux pharisiens tout en dessinant dans le sable dans l'épisode la femme adultère, ou lorsqu'il guérit, et par deux fois, le jour du sabbat, d'abord un aveugle de naissance puis un homme à la main desséchée. Car tels sont pris qui croyaient prendre.

   L'humour du Christ c'est son à-propos, sa finesse, sa justesse, jusqu'à son esprit taquin avec ses disciples toujours pour éduquer à voir la vérité dans la joie et l'amour. 

   Des noces de Cana à la marche sur les eaux de Tibériade, de l'entretien avec Nicodème à la discussion avec les compagnons d’Emmaüs, en passant par le fameux "Rendez à César" et le "denier" du culte, Denis Bost nous propose de lire la Bible le sourire aux lèvres :-) 

   En voici un extrait :

   "Du retournement ou comment le Christ renvoie ses adversaires à eux-mêmes : autour de Marc (3, 1-5).

Le nouvel extrait présenté est un exemple de retournement de situation dont le caractère provoquant participe à une ambiance humoristique, même si l'humour n'est visiblement pas partagé. Le Christ va se montrer expert en la matière en posant un point de vue neuf sur une pratique religieuse que d'aucuns avaient crue - trop vite ? - résolue. 

D'abord voici le contexte : un principe - celui du respect du shabbat - absolu par définition, étant posé, les adversaires du Christ, par routine intellectuelle, n'en pensent plus ni le sens, ni la nature première : exaltation du Bien et du Bon liée, à nouveau, à une affirmation d'une conscience libre et devenue responsable. Du coup, l'application "mécanique" du précepte a quelque chose d'implacable que le Christ s'empresse de mettre en pièce. Ici encore, le regard recentré que Jésus invite à porter, par truchement, sur l'ensemble de la Loi, n'est pas apprécié à sa valeur. Il y avait une chance à saisir pourtant en cette occasion. Quoiqu'il en soit, les antagonistes ne digèrent pas d'être renvoyés à eux-mêmes, face à leur propre économie de la Loi, d'un retour de flamme qu'ils ont pourtant provoqué par leur malveillance envers le Messie et leur absence de compassion envers un homme lourdement handicapé. le shabbat n'appelle-t-il pas cependant, en lui-même, une restauration de la nature dans sa plénitude ? [...] Le Christ a donc fait la démonstration de l'inanité de l'obstruction systématique des pharisiens. Et il l'a fait en leur posant une question qui les laissent seuls avec eux-mêmes, muets et nus dans l'aigreur de leur hargne. Tandis qu'au milieu d'eux se dresse cet homme régénéré. 

C'est sur cette façon qu'a le Christ de les soumettre à leur tour aux conséquences de leur prévention que repose tout le piquant - et Dieu sait s'ils ont été piqués - de ce curieux échange où il n'y a qu'un seul locuteur et un public d'opposants définitivement enfoncés. L'incapacité des pharisiens à offrir une résistance de même qualité les conduit à une capitulation sans combat, par forfait !" 

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Ile de Sein, R.P. RICHARD o.m.i.

29 Avril 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

   Voici un guide touristique de l’île de Sein paru en 1954 qui ravira les amateurs.

   Le Révérend Père Richard, o.m.i. pour oblat de Marie Immaculée, mon grand oncle et pour tous sur l'île "Tonton Stanis", nous fait découvrir l'île, son histoire, ses habitants, son territoire. Il décrit la grandeur des sénans, les us et coutumes d'autrefois, la vie quotidienne sur l'île. 

   Un petit bijou écrit avec amour à se procurer chez les bons bouquinistes ou libraires - via internet - si vous n'avez pas la chance qu'il ait été conservé dans la bibliothèque familiale.

   "De son côté, la science étymologique reste perplexe devant le rébus que pose le nom de cette île. Il semblerait, d'après l'ensemble des travaux de sémantique que ce mot de Sein évoquât tantôt un " Site des fées ou Endroit des magiciennes ", (de l'Irlandais : Sith, esprit, fée ; et de Tun ou Dun, hauteur, dune, lieu, ville) ; tantôt une idée de " golfe ", (du latin : Sinus ou endroit resserré entre des rochers... Comme l'on dit encore aujourd'hui : le sein arabique, le sein persique). En tous cas, il faut absolument répudier la fantaisiste traduction : Ile des Sept Sommeils ! ! ! Ce n'est là qu'une confusion entre le nom actuel de cette île et du Cap-Sizun qui lui fait face, et le celtique " Seiz-Hun " qui signifie effectivement : sept sommeils, c'est à dire : semaine. En passant, notons qu'une confusion similaire a dû se produire au sujet du nom de la " Baie des Trépassés ". Le marais ou ruisseau qui sépare Plogoff de Cléden, avant d'aboutir dans cette baie, s'appelle " Ar Yeun ". Ce mot rappelle le sens de : Avon, Aven, Aulne, Aon... nom générique de la " rivière ". La dénomination originelle aurait été : " Bae an Aon " (baie du marais ou du ruisseau). Par la suite, elle aurait dégénéré en " Bae an Anaon " (baie des trépassés). Certes, la substitution de Anaon à Aon est très poétique, mais une fois de plus, la poésie contredit la réalité ; car les courants, dans ces parages, ont la tendance constante de rejeter les cadavres des péris en mer, plutôt sur les côtes Nord ou Sud du Cap, que dans la baie dite des trépassés."

   "Le 24 juin 1940, à l'Appel du Général de Gaulle, 144 pêcheurs iliens se rendirent sur leurs petits sloops, en Angleterre. 30 noms, hélas figurent au martyrologe du patriotisme ! Sein est, probablement, la commune la plus décorée de la dernière guerre. Elle partage avec cinq autres cités de France le privilège d'avoir reçu la Croix de la Libération. Elle possède, à présent, son blason. Il est d'azur au besant d'argent chargé d'une moucheture d'hermine de sable, accompagné de trois homards d'or posés en pairle, les pinces vers l'abîme. L'écu posé sur un phare de sable maçonné d'argent, chargé en chef de l'inscription aussi d'argent " Sein " à la lanterne d'or rayonnant de quatre éclats au même, deux à dextre, deux à sénestre. L'écu soutenu par deux mats avec leur voile d'argent dont les cordages retiennent un listel aussi d'argent, brochant sur la base du phare et chargé de l'inscription bretonne de sable : " A sklerijenn kargit hor sperejou " (De lumière, remplissez nos esprits). Les trois décorations sont appendues au listel : Croix de la Libération à la pointe de l'écu, Croix de Guerre 1939 à dextre, Médaille de la Résistance à sénestre. Le 30 août 1946, Sein se voyait remettre ces récompenses par le Général de Gaulle lui-même, avec cette magnifique citation : "Ile de Sein devant l'invasion ennemie s'est refusée à abandonner le champ de bataille qui était le sien : la mer. A envoyé tous ses enfants au combat sous le pavillon de la France Libre, devenant ainsi l'exemple et le symbole de la Bretagne entière." "

 

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Jésus l'homme qui était Dieu, Max Gallo

26 Avril 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Développement personnel

 

     Le légionnaire Flavius s'exclame au pied de la Croix "Cet homme était le fils de Dieu".  Une certitude qui va le mener sur les pas de celui qu'il a fait crucifier, des rives du Jourdain, à Bethléem, de Bethsaïde à Nazareth.

   Max Gallo en préambule cite Mauriac "Sans doute, une Vie de Jéus, il faudrait l'écrire à genoux, dans un sentiment d'indignité propre à nous faire tomber la plume des mains. Cet ouvrage-là, un pécheur devrait rougir d'avoir eu le front de l'achever." Max Gallo a eu plus que raison de s'atteler à cette tâche immense puisqu'il nous offre en quelque sorte une version du Nouveau Testament pour néophyte, sous forme de roman, une magnifique quête sur l'une des vies les plus passionnantes de l'humanité.

   "Il sait qu'il est un homme qu'un souffle porte et dirige. En lui une voix parle, envahit sa poitrine, sa bouche, franchit ses lèvres. Elle lui a parlé alors qu'il descendait, presque en courant, les pentes du mont Quarantal. Elle répétait qu'il devait aller vers les hommes, leur dire ce qu'il avait appris ; qu'on peut vaincre les tentations du diable et que chaque homme, s'il le veut, peut terrasser le mal, renaître."

   "Il dit :"Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis. Je vous ai établis pour que vous alliez porter du fruit, un fruit qui demeure, et pour que le Père vous donne ce que vous lui demanderez en mon nom.". il s'interrompt un instant. Son regard les scrute et les pénètre. Ceux-là seront ses apôtres. A Pierre et à son frère André, à Jacques et à Jean, les deux fils de Zébédée, à Philippe et à Nathanaël, à Matthieu, il adjoindra Thomas, Jacques le Mineur, Jude, Simon le zélote et Judas. Il égrène leurs noms."

   "Depuis Hérode Antipas a ordonné qu'on tranche la tête de Jean le Baptiste. Depuis Jésus a sillonné la Palestine. Et on l'appelle Christ, Messie, Fils de Dieu. Et il accomplit les oeuvres de Dieu, il chasse les démons, il guérit, il parle afin qu'on sache qui il est. Mais depuis aussi on le lapide. Les membres du Sanhédrin, les prêtres, les pharisiens les scribes, les puissants veulent se saisir de lui, le tuer."

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Qui suis-je pour juger, Pape François

21 Avril 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Développement personnel

   Ce livre est une compilation d'extraits de discours du Pape François sous le thème "Qui suis-je pour juger" décliné en quatre parties : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés", "Nous sommes tous fragiles", "Jugez le péchés, non pas le pécheur", "Le jugement de l'Histoire sur l'Histoire."

  Les thèmes abordés sont aussi variés que le couple, la séparation, la famille, les enfants, les personnes âgées, l'homosexualité, la prison, l'église, le fondamentalisme, la pédophilie, l'euthanasie, l'avortement, le genre, la sexualité, l'environnement, le travail.

   Avec la bienveillance et la lucidité qui le caractérisent, le Pape François s'exprime sans ambages sur les questions les plus sensibles, celles qui font notre quotidien et nous propose des clés de réflexion pour avancer sur le chemin de l'amour, de la vérité, de la paix et de la joie ! Un ouvrage empreint de sagesse et de poésie.

   "Ne vous laissez pas enfermer dans votre passé mais, au contraire, transformez le en chemin de croissance, de foi et de charité. Donnez à Dieu la possibilité de vous faire "briller" également à travers cette expérience."

   "Chers jeunes, à votre âge, émerge aussi en vous de façon nouvelle le désir d'aimer et de recevoir de l'amour. Le Seigneur, si vous allez à son école, vous apprendra aussi à embellir l'affection et la tendresse. Il mettra dans votre coeur une bonne intention, celle d'aimer sans posséder, d'aimer les personnes sans vouloir qu'elles soient vôtres mais en les laissant libres. car l'amour est libre ! Il n'y a pa de véritable amour qui ne soit libre !" "En revanche, la liberté est le don de pouvoir choisir le bien : c'est cela, la liberté. Celui qui est libre est celui qui choisit le bien, qui cherche ce qui plaît à Dieu, même si c'est fatigant, difficile. Mais je crois que vous, les jeunes, vous n'avez pas peur d'être fatigués, vous êtes courageux ! Or seuls les choix courageux et forts permettent de réaliser les plus grands rêves, ceux qui valent la peine qu'on leur consacre sa vie."

   "ne te replie plus sur toi-même mais ouvre-toi. S'ouvrir et rêver. Rêve qu'avec toi le monde peut être différent. Rêve que si tu donnes le meilleur de toi-même, tu vas aider à changer ce monde. ne l'oubliez pas, rêvez. Parfois, vous vous laisser emporter et vous rêvez trop, et la vie vous coupe la route. Peu importe, rêvez. Et racontez vos rêves. [...] avant tout rêvez." "C'est pourquoi je vous conseille, le soir, pendant l'examen de conscience, de vous poser cette question : aujourd'hui, ai-je rêvé l'avenir de mes enfants ? Ai-je rêvé l'amour de mon époux, de mon épouse ? Aujourd'hui ai-je rêvé de mes parents, de mes grands-parents qui ont prolongé l'histoire jusqu'à moi ?"

   "Que chacun parte de sa propre identité, sans faire semblant d'en avoir une autre parce que cela ne sert à rien, cela n'aide pas et c'est du relativisme. Ce qui nous rapproche, c'est la route de la vie. C'est la bonne volonté de partir de sa propre identité pour faire du bien aux frères et aux soeurs. Faire du bien ! Et ainsi nous cheminons ensemble comme des frères. Chacun de nous apporte le témoignage de sa propre identité à l'autre et dialogue avec l'autre."

   "Une foi authentique - qui n'est jamais confortable et individualiste - implique toujours un profond désir de changer le monde, de transmettre des valeurs, de laisser quelque chose de meilleur après notre passage sur terre. Nous aimons cette magnifique planète où Dieu nous a placés, et nous aimons l'humanité qui l'habite, avec tous ses drames et ses lassitudes, avec ses aspirations et ses espérances, avec ses valeurs et ses fragilités. La Terre est notre maison commune et nous sommes tous frères." "En tant qu’administrateurs de la Création, nous sommes appelés à faire de la Terre un très beau jardin pour la famille humaine."

   "Le rêve de Dieu pour sa créature bien-aimée est le suivant : la voir se réaliser dans l'union d'amour entre un homme et une femme ; heureuse sur le chemin commun, féconde dans le don réciproque. "

   "Quand tu donnes de ton avoir au pauvre, tu ne lui donnes pas. Tu ne fais que rendre ce qui lui appartient. En effet, tu t'es annexé ce qui a été donné en commun pour l'usage de tous. la Terre est à tous, et pas seulement aux riches."

   "Chaque homme porte en lui une capacité originale et unique à tirer de lui-même et des personnes qui travaillent avec lui le bien que Dieu a placé dans son coeur. Chaque homme, chaque femme est un "poète", capable de faire preuve de créativité. C'est ce que signifie être poète."

   "Là où, à cause d'une vision économiciste [...] on envisage l'homme d'un point de vue égoïste et les autres comme un moyen et non une fin, le travail perd son sens premier de continuation de l'oeuvre de Dieu, il devient ainsi l'oeuvre d'une idole. A l'inverse, l'oeuvre de Dieu est destinée à toute l'humanité, afin que tous puissent en bénéficier."

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Ma vie est un miracle, Bernadette Moriau

13 Avril 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Développement personnel, #Essais

   Bernadette Moriau, la 70è miraculée de Lourdes, raconte son histoire.

   Soeur Marie-Bernadette raconte sa maladie de plus de quarante ans, sa souffrance, comment son médecin l'a convaincue de se rendre en pèlerinage à Lourdes à soixante-neuf ans, comment elle a senti une chaleur provenant du coeur lors de l'adoration trois jours après son retour et comment une voix en son for intérieur lui a intimé d'enlever ses appareils. 

    Elle décrit les dix ans d’enquête médicale qui ont été nécessaires pour que son cas soit qualifié par les médecins d'inexplicable dans la connaissance actuelle de la science et de miracle par l'Eglise Catholique.

   Ma vie est un miracle est un témoignage de foi donné avec force en toute humilité, un message d'espoir pour tous les malades et un appel à la conversion. Soeur Marie-Bernadette n'est pas chargée de nous faire croire mais simplement de témoigner de la grâce qu'elle a reçue de Jésus par l'intermédiaire de Notre Dame de Lourdes.

   "Voilà donc ma vie nouvelle. Accepter d'être livrée à tous, leur être disponible, raconter les merveilles de Dieu. Ne plus s'appartenir. C'est une forme de désappropriation. Etre également dépossédée du secret que j'ai dû garder si longtemps. Rester dans l'humilité. Ce n'est pas évident avec une telle mise en avant. Ne pas s'enorgueillir, s'en défendre et rendre toute gloire à Dieu. Je ne suis qu'un canal. Ne pas penser non plus à je ne sais quel succès ou résultat. Cela n'aurait strictement aucun sens. Dieu compte en multiplication ou en addition comme je l'ai dit au début mais il perd ses relevés de comptes tous les jours. Les résultats chiffrés ne sont pas son affaire. Son chiffre d'affaires c'est le sourire, le pardon, la paix, la joie. Ce qu'Il veut c'est la miséricorde, la surabondance d'amour. Dieu n'est pas pingre. Il aime. C'est tout."

   "Le catholicisme souffre d'une image jaunie. Il serait non seulement obtu mais cramoisi comme un vieux rideau délavé par le soleil. Mais tant mieux si ce tissu a perdu ses couleurs d'apparat. Elles étaient peut-être superficielles. En revanche, le christianisme profond, tel que l'Eglise catholique comme d'autres églises chrétiennes tentent de transmettre de génération en génération à des millions et des millions de personnes sur terre, lui, est toujours vivant. Il est jeune, vert, ultra-dynamique, subversif. Sauf qu'il n'habite pas dans les structures de l'Eglise comme le dit si bien le pape François mais dans les coeurs. C'est bien là que tout se joue. Si vous avez des a priori négatifs contre l'Eglise catholique, c'est donc sur ce terrain du coeur que nous pouvons certainement nous retrouver. Car le langage du coeur est vrai. Il parle à tous, de toutes conditions, cultures, langues. Il est universel non parce qu'il veut atteindre les "extrémités de la terre" comme a demandé le Christ aux apôtres mais parce qu'il atteint, sans mot dire, humblement, les extrémités du coeur de chacun. Quel qu'il soit, quels que soient son apparence, son passé, son état et son style. La question n'est pas de juger ou de jauger la personne. La question est de lui faire goûter la douceur de la miséricorde divine. Là aussi c'est un cheval de bataille du pape François. Il veut faire comprendre au monde que le christianisme ou le catholicisme n'est pas une instance morale mais une instance d'amour. Que sa mission est de communiquer au monde les "secrets" du Père éternel, entendez Dieu.

  Dieu n'est pas l'expert-comptable de nos péchés qui les retiendrait sur un grand cahier pour nous fermer, ou nous entrouvrir avec méfiance les portes du paradis ! Il est plutôt un blanchisseur, si vous me permettez cette réduction. Oui, Dieu lave. Il nous lave de nos noirceurs, misères, petitesses que nous connaissons que trop. Et il lave gratuitement et à fond. Il nous pardonne dans l'instant sans rien nous demander en retour. Sinon de reconnaître nos péchés, d'accepter d'être fils, de le reconnaître comme Père, non pour nous soumettre sous la férule d'un tyran mais pour nous baigner dans son Amour et nous faire avancer. Dieu n'instaure pas avec nous une relation de dette, de comptes à rendre, mais de don, de gratuité."

   "Il [le sacrement de réconciliation] nous permet de nous trouver nous-même, de nous retrouver en fait, dans ce que nous sommes profondément, dans le meilleur de ce que nous sommes. Pour être, par conséquent, plus agréable aux autres. C'est ce que l'on ne comprend pas dans le catholicisme. On croit que c'est une religion de l'empêchement, de la frustration alors que c'est une religion de l'épanouissement. Ah je sais ... cette religion charrie ses trop nombreux contre-exemples, chez les fidèles, chez les prêtres, les religieux, les religieuses. Mais le christianisme est la foi des pécheurs pardonnés. Ce n'est pas une religion d'élite. elle commence par le bas. Le Christ commence par laver les pieds de ses disciples. Dans ce lavement de nos misères, dans ce lavement de soi par Dieu, il n'y a pas d'autre programme que ce mot Amour. Amour de Dieu, Amour des autres. Et Amour de soi, au bon sens du terme, car on ne peut aimer les autres en se méprisant soi-même.

   En effet, Dieu aime le "juste". Pas le juste milieu millimétré ou soupesé, uniformisé. Dieu a horreur du standard, du prêt-à-penser ou du prêt-à-aimer. Le "like" de loin en frôlant du doigt un écran connecté n'est pas son genre ! Dieu aime chaque personne concrètement, telle qu'elle est. A commencer par ses défauts. Oui, vous avez bien lu. Dieu n'aime pas l'uniformité, mais la difformité. parce qu'il aime chacun en particulier. et il veut pour chacun le "juste"pour cette personne-là, unique avec ses qualités et ses défauts. Pas comme une juste mesure mais comme une dynamique de vie. Le "juste" de Dieu c'est l'épanouissement de chaque personne."

   "Accepter donc. Ce verbe est peut-être la réponse à la question "pourquoi moi ?". Accepter c'est dire "oui" sans arrière-pensée, à Dieu. C'est dire "merci" à Dieu sans aucun ressentiment. ce n'est pas une soumission simpliste, c'est une pleine reconnaissance. La soumission est négative, peureuse, vide, craintive, soumise. La reconnaissance est positive, heureuse, pleine, donnée, confiante.

   Nous sommes peut-être ici sur une piste de réponse à l'énigmatique question du "pourquoi moi ?". Ne pas mettre en question - et encore moins en cause - les dons que Dieu nous faits. Mais les accepter comme tels, un cadeau. Quelque chose de gratuit par excellence. Pour soi, oui, mais aussi pour rayonner de cette grâce reçue autour de nous." 

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