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Les imprudents, Olivier Bertrand

28 Novembre 2020 , Rédigé par Alizé Publié dans #Roman

   Le 3 mars 1944, les quinze habitants d'un tout petit hameau nommé Les Crottes, près de Labastide-de-Virac, au fin fond de l'Ardèche, mourraient sous les tirs des Allemands.

   Seize corps allaient être découverts.
   Qui était l'inconnu des Crottes?

   Olivier Bertrand part à sa recherche, comme en quête de l'impossible.

   Livre poignant.

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Les justes, Albert Camus

24 Novembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Théâtre et Poésie

   Albert Camus nous transporte dans la Russie du début du XXe siècle, à Moscou en 1905, dans l'intimité d'un groupe de révolutionnaires qui s'apprêtent à assassiner le Grand-Duc Serge, Serguei Aleksandrovitch Romanov, frère du tsar Alexandre III et oncle de Nicolas II.

   Plus qu'une simple pièce de théâtre, il s'agit d'une oeuvre édifiante sur le sens du combat révolutionnaire et de la justice.

"KALIAYEV [...] La révolution, bien sûr ! Mais la révolution pour la vie, pour donner une chance à la vie, tu comprends ?

DORA, avec élan - Oui... (Plus bas après un silence) Et pourtant, nous allons donner la mort.  

KALIAYEV Qui, nous ? Ah, tu veux dire ... Ce n'est pas la même chose. Oh non ! ce n'est pas la même chose. Et puis, nous tuons pour bâtir un monde où plus jamais personne ne tuera ! Nous acceptons d'être criminels pour que la terre se couvre enfin d'innocents.

DORA Et si cela n'était pas ?

KALIAYEV Tais-toi, tu sais bien que c'est impossible. Stepan aurait raison alors. Et il faudrait cracher à la figure de la beauté."

"STEPAN Des enfants ! Vous n'avez que ce mot à la bouche. Ne comprenez-vous donc rien ?  Parce que Yanek n'a pas tué ces deux-là, des milliers d'enfants russes mourront de faim pendant des années encore. Avez-vous vu des enfants mourir de faim ? Moi, oui. Et la mort par la bombe est un enchantement à côté de cette mort-là. Mais Yanek ne les a pas vus. Il n'a vu que les deux chiens savants du grand-duc. N'êtes-vous donc pas des hommes ? Vivez-vous dans le seul instant ? Alors choisissez la charité et guérissez seulement le mal de chaque jour, non la révolution qui veut guérir tous les maux, présents et à venir.

DORA Yanek accepte de tuer le grand-duc puisque sa mort permet d'avancer le temps où les enfants russes ne mourront plus de faim. Cela n'est déjà pas facile. Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites."

STEPAN, violemment Il n'y a pas de limites. La vérité est que vous ne croyez pas à la révolution. (Tous se lèvent sauf Yanek.) Vous n'y croyez pas. Si vous y croyiez totalement, complètement, si vous étiez sûrs que par nos sacrifices et nos victoires, nous arriverons à bâtir une Russie libérée du despotisme, une terre de liberté qui finira par recouvrir le monde entier, si vous ne doutiez pas qu'alors, l'homme, libéré de ses maîtres et de ses préjugés, lèvera vers le ciel la face des vrais dieux, que pèserait la mort de deux enfants ? Vous vous reconnaîtriez tous les droits, tous, vous m'entendez. Et si cette mort vous arrête, c'est que vous n'êtes pas sûrs d'être dans votre droit. Vous ne croyez pas à la révolution. 

Silence KALIAYEV se lève.  KALIAYEV Stepan, j'ai honte de moi et pourtant je ne te laisserai pas continuer. J'ai accepté de tuer pour renverser le despotisme. Mais derrière ce que tu dis, je vois s'annoncer un despotisme qui, s'il s'installe jamais, fera de moi un assassin alors que j'essaie d'être un justicier."

"KALIAYEV, se levant, dans une grande agitation. Aujourd'hui je sais ce que je ne savais pas. Tu avais raison, ce n'est pas si simple. Je croyais que c'était facile de tuer, que l'idée suffisait, et le courage. Mais je ne suis pas si grand et je sais maintenant qu'il n'y a pas de bonheur dans la haine. Tout ce mal, tout ce mal, en moi et chez les autres. Le meurtre, la lâcheté, l'injustice ... Oh il faut, il faut que je le tue... Mais j'irai jusqu'au bout ! Plus loin que la haine ! 

DORA Plus loin ? Il n'y a rien.

KALIAYEV Il y a l'amour." 

"KALIAYEV, brutalement. Tais-toi. Mon coeur ne me parle que de toi. Mais tout à l'heure, je ne devrai pas trembler. 

DORA, égarée.  Tout à l'heure ? Oui, j'oubliais... (Elle rit comme si elle pleurait.) Non, c'est très bien, mon chéri. Ne sois pas fâché, je n'étais pas raisonnable. C'est la fatigue. Moi non plus, je n'aurais pas pu le dire. Je t'aime du même amour un peu fixe, dans la justice et les prisons. L'été, Yanek, tu te souviens ? Mais non, c'est l'éternel hiver.  Nous ne sommes pas de ce monde, nous sommes des justes. Il y a une chaleur qui n'est pas pour nous. (Se détournant.) Ah ! pitié pour les justes !"

 

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Histoire d'une âme, Sainte Thérèse de L'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

19 Novembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Développement personnel

   A lire pour partager l'expérience vécue de la tendresse de Dieu et découvrir Sainte Thérèse.

   Et à écouter avec Natasha St Pier 

https://www.youtube.com/watch?edufilter=NULL&v=nB_qdTPZdA8

   "Deux mois avant sa mort, Thérèse relisait, à la demande de Mère Agnès de Jésus, quelques pages de ses souvenirs d'enfance. Les larmes aux yeux, elle s'interrompt soudain : "Ce que je relis dans ce cahier, c'est si bien mon âme ! ... Ma Mère, ces pages feront beaucoup de bien. On connaîtra mieux ensuite la douceur du bon Dieu..." C'est à cette expérience de la tendresse divine qu'est convié chacun des lecteurs de l'Histoire d'une Âme."

 

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Des oies presque blanches, Sarah Castillo Palayer

12 Novembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

   Sarah Castillo Palayer nous amène cette fois-ci en Norvège, en vacances pour une compétition de marche nordique dans les Lofoten, avec quatre amies de longue date, quatre femmes quinquagénaires à un carrefour de leur vie. Ce voyage de Tromso à Henningsvaer va permettre à Hélène, Sylvie, Nadine et Patricia d'encore mieux se connaître.
Des rires, des pleurs, des papotages, des rencontres, des révélations, des bouleversements.
Un livre détente, léger et profond en même temps, sur l'amitié qui dure malgré les épreuves, les difficultés de la vie, les incompréhensions parfois. Un livre aussi sur les plaisirs simple de la vie.
Merci Sarah Castillo Palayer pour ce joli dépaysement
Et à tous les voyageurs en Norvège attention de ne pas manquer votre connexion à cause du changement à Oslo entre terminal international et national, surprise que j'ai vécue tout comme les héroïnes de Des Oies presque blanches, pour ma part pour avoir tranquillement déjeuné et bouquiné du mauvais côté !

   "Après cinq minutes d’échanges pittoresques, Hélène percuta enfin ce que le charmant Norvégien tentait de lui expliquer : elles étaient en zone internationale. Elles avaient été tellement stressées par le peu de temps alloué entre les deux vols, qu’elles avaient foncé tête baissée vers la première zone d’embarquement sans même lire les indications. Désireux de leur venir en aide, il les aiguilla sur le parcours le plus rapide pour atteindre le terminal des vols nationaux. Lorsqu’elles aperçurent la file d’attente pour les contrôles avant l’accès en zone d’embarquement, elles furent au bord de la crise de nerf."

De la même auteur

 

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/11/a-l-ombre-des-tilleuls-ou-fleurissent-les-violettes-sarah-castillo-palayer.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/02/l-imprudence-du-chat-sarah-castillo-palayer.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/01/1476-sarah-castillo-palayer.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/03/le-salon-des-regrets-sarah-castillo-palayer.html

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Meurtres au Potager du Roy, Michèle Barrière

12 Novembre 2020 , Rédigé par Cécile Publié dans #Roman

   Ce roman historique va enchanter les amoureux du château de Versailles car il se passe dans ses jardins au temps de Louis XIV en 1683. Les carrés de légumes et fruits sont magnifiques, mais un jour les melons sont tous saccagés. Puis cette furie destructrice se propage à la ville de Paris : on ne trouve plus un seul melon ! C'est le fruit préféré du Roi Soleil et c'est donc une catastrophe. Un jardinier se trouve mêlé à cette histoire incompréhensible et il cherche le coupable. Au prix de nombreuses mésaventures, il comprend et démasque les responsables. Le roman nous raconte la vie à la cour, sous son côté brillant, mais aussi dans les coulisses que sont les cuisines. L'enquête nous emmène dans les quartiers parisiens où vivent des cuisiniers connus et des boutiquiers raffinés.
   Le livre se termine avec de nombreuses recettes de cuisine de l'époque tout à fait réalisables de nos jours avec nos bons légumes d'automne. Allez lecteurs et lectrices, à vos casseroles !

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Oscar et la dame rose, Eric-Emmanuel Schmitt

6 Novembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman, #Développement personnel

   Eric-Emmanuel Schmitt nous offre un très beau conte philosophique.

   Oscar a dix ans. Il est en soins intensifs, en fin de vie. Grâce à Rose il va vivre ses derniers jours intensément, chacun comme dix années de vie. Magnifique ! A conseiller aux adultes et aux enfants !

   "- Et pourquoi est-ce j'écrirais à Dieu ? - Tu te sentirais moins seul. - Moins seul avec quelqu'un qui n'existe pas ? - Fais-le exister. Elle s'est penchée sur moi. - Chaque fois que tu croiras en lui, il existera un peu plus. Si tu persistes, il existera complètement. Alors, il te fera du bien. - Qu'est ce que je peux lui écrire ? - Livre lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent."

   "Avec Peggy Blue, on a beaucoup lu le Dictionnaire médical.  C'est son livre préféré. Elle est passionnée par les maladies et elle se demande lesquelles elle pourra avoir plus tard. Moi, j'ai regardé les mots qui m'intéressaient : "Vie", "Mort", "Foi", "Dieu". Tu me croiras si tu veux, ils n'y étaient pas ! Remarque ça prouve déjà que ce ne sont pas des maladies, ni la vie, ni la mort, ni la foi, ni toi. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Pourtant, dans un livre aussi sérieux, il devrait y avoir des réponses aux questions les plus sérieuses, non ?"

   "Cher Dieu, Merci d'être venu. [...] j'avais quatre-vingt dix ans et j'ai tourné la tête vers la fenêtre pour regarder la neige. Et là j'ai deviné que tu venais. C'était le matin. J'étais seul sur la Terre. Il était tellement tôt que les oiseaux dormaient encore, que même l'infirmière de nuit, Madame Ducru, avait dû piquer un roupillon, et toi tu essayais de fabriquer l'aube. Tu avais du mal mais tu insistais. Le ciel pâlissait. Tu gonflais les airs de blanc, de gris, de bleu, tu repoussais la nuit, tu ravivais le monde. Tu n'arrêtais pas. C'est là que j'ai compris la différence entre toi et nous : tu es le mec infatigable ! Celui qui ne se lasse pas. Et voilà du jour ! Et voilà de la nuit ! Et voilà le printemps ! Et voilà l'hiver ! Et voilà Peggy Blue ! Et voilà Oscar ! Et voilà Mamie-Rose ! Quelle santé ! J'ai compris que tu étais là. Que tu me disais ton secret : regarde chaque jour le monde comme si c'était la première fois. Alors j'ai suivi ton conseil et je me suis appliqué. La première fois. Je contemplais la lumière, les couleurs, les arbres, les oiseaux, les animaux. Je sentais l'air passer dans mes narines et me faire respirer. J'entendais les voix qui montaient dans le couloir comme dans la voûte d'une cathédrale. Je me trouvais vivant. Je frissonnais de pure joie. Le bonheur d'exister. J'étais émerveillé."

Du même auteur, deux lectures d'un même roman :

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/01/la-nuit-de-feu-eric-emmanuel-schmitt.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/09/la-nuit-de-feu-eric-emmanuel-schmitt.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/01/les-dix-enfants-que-madame-ming-n-a-jamais-eus.html

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La fête de l'insignifiance, Milan Kundera

2 Novembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

   Il vaut mieux rire que pleurer. C'est le parti pris de Milan Kundera face aux régimes totalitaires, face aux difficultés de la vie, au chomâge, aux petits boulots nécessaires à des artistes qui préfèreraient être sur les planches. 

   Milan Kundera mêle tranches de vie d'une bande d'amis et conversation imaginaire de Staline avec son Politburo. 

   Un court roman qui fait réfléchir sur le ton de l'humour noir.

   "Le plaisir de la mystification devait nous protéger. Cela a d'ailleurs été notre stratégie à tous. Nous avons compris depuis longtemps qu'il n'était plus possible de renverser ce monde, ni de le remodeler, ni d'arrêter sa malheureuse course en avant. Il n'y avait qu'une résistance possible : ne pas le prendre au sérieux. Mais je constate que nos blagues on perdu leur pouvoir. Tu te forces à parler pakistanais pour t'égayer. En vain."

   "Puis, en baissant la voix, il ajouta : "Pourtant, je te comprends. Les plaisanteries sont devenues dangereuses. Mon Dieu, tu dois bien le savoir ! Souviens-toi de l'histoire des perdrix que Staline racontait à ses copains. Et souviens-toi de Khrouchtchev, qui hurlait dans les toilettes ! Lui, le grand héros de la vérité, qui crachait de mépris ! Cette scène était prophétique ! Elle ouvrait vraiment un temps nouveau. Le crépuscule des plaisanteries ! L'époque de l'après-blagues ! ""

   "Et Roman continua : "Ah la bonne-humeur ! Tu n'as jamais lu Hegel ? Bien sûr que non. Tu ne sais même pas qui c'est. Mais notre maître qui nous a inventés m'a forcé jadis à l'étudier. Dans sa réflexion sur le comique, Hegel dit que le vrai humour est impensable sans l'infinie bonne humeur, écoute bien, c'est ce qu'il dit en toutes lettres : "infinie bonne humeur"; "unendliche Wohlgemutheit". Pas la raillerie, pas la satire, pas le sarcasme. C'est seulement depuis les hauteurs de l'infinie bonne humeur que tu peux observer au-dessous de toi l'éternelle bêtise des hommes et en rire."

   "L'insignifiance, mon ami, c'est l'essence de l'existence. Elle est avec nous partout et toujours. Elle est présente même là où personne ne veut la voir : dans les horreurs, dans les luttes sanglantes, dans les pires malheurs. Cela exige souvent du courage pour la reconnaître dans des conditions aussi dramatiques et pour l'appeler par son nom. Mais il ne s'agit pas seulement de la reconnaître, il faut l'aimer, l'insignifiance, il faut apprendre à l'aimer. [...] Respirez, D'Ardelo, mon ami, respirez cette insignifiance que nous entoure, elle est la clé de la sagesse, elle est la clé de la bonne humeur ...""

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