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Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire - Etre missionnaire aujourd'hui dans le monde, Pape François

25 Septembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

   Interviewé par Gianni Valente, le Pape François, parle de la mission de tous les croyants à la suite de Sainte Thérèse de Lisieux patronne des missions : être missionnaire en répondant à l'appel de Jésus avec simplicité et humilité, par l'exemple. Un programme qu'il appelle "L'Eglise en sortie", un programme à l'équilibre délicat, que le Pape explicite. Et comme à l'accoutumée le Pape ne mâche pas ses mots. Ci-dessous quelques extraits :

   " "Eglise en sortie" n'est pas une expression à la mode de mon invention. Elle est un commandement du Christ qui, dans l'évangile de Marc, demande aux siens d'aller à travers le monde et de "prêcher" la bonne parole à toute la création. Soit l'église est en sortie, soit elle n'est pas l'église. Si l'église ne sort pas, elle se corrompt, se dénature. Elle devient quelque chose d'autre."

   "Sans l'Esprit, la mission devient autre chose. Elle devient un projet de conquête, la prétention d'une conquête que nous effectuons. Une conquête religieuse, ou peut-être idéologique, même lorsqu'elle est faite avec de bonnes intentions. Mais c'est autre chose. [...] Si L'esprit saint est absent il n'y a pas d'annonce de l'Evangile. Cela tu peux l'appeler publicité, recherche de nouveaux prosélytes. [...] La mission n'est pas un projet d'entreprise bien rodé. Ce n'est même pas un spectacle organisé pour compter le nombre de personnes y prenant part grâce à notre propagande. L'Esprit saint agit comme il le veut, quand il le veut et où il le veut. Cela peut procurer un certain vertige. Et pourtant le summum de la liberté consiste précisément à se laisser porter par l'Esprit en renonçant à calculer et à tout contrôler. "

   "Le désir de faire quelque chose pour le Christ est une réponse, un remerciement pour ce que le Christ a fait pour moi. Saint Ignace l'écrit dans ses Exercices Spirituels "Il a tout fait pour moi, alors je fais quelque chose pour lui." "

  "D'aucuns, et ils sont nombreux, soulignent  que la mission n'est plus une activité confiée exclusivement à des groupes spécifiques issus du monde ecclésial, à des professionnels "spécialisés". Qu'est ce que cela veut dire?

   Dieu a choisi de convoquer les hommes et les femmes comme un  peuple et non comme des êtres isolés. Personne ne se sauve seul, c'est-à-dire ni comme individu isolé, ni avec ses seules forces. Jésus ne dit pas aux apôtres de former un groupe exclusif, un groupe d'élite. L'ensemble du peuple fidèle de Dieu a la mission comme horizon. Tous les baptisés peuvent confesser le Christ dans les conditions où ils se trouvent. Sans automatismes, sans liens de contraintes. C'est la graine du baptême qui peut fleurir de manière gratuite, et de mille et une façons. Aussi la mission n'est-elle pas la compétence exclusive de groupes particuliers. Personne ne peut revendiquer la compétence exclusive de maintenir en vie l'esprit missionnaire de l'Eglise, comme si l'Eglise était un corps mort à réanimer. Cela revient au Seigneur, c'est lui qui choisit de nombreuses voies, parfois pleines de fantaisie et de surprise, pour faire vivre au peuple de Dieu sa vocation missionnaire. Seul le peuple de Dieu dans sa totalité est infaillible en croyant. Quand un groupe se sépare de l'ensemble du peuple de Dieu et veut assumer une position d'élite, il perd la possibilité de prendre part à l'infaillible sensus fidei [le "sens de la foi des fidèles"] du saint peuple de Dieu. Et comment peut-on rendre témoignage du Seigneur si on ne partage pas le sensus fidei infaillible du peuple de Dieu ? Ce serait comme vouloir être un arbre sans avoir de racines."

    "La condition ordinaire est pour tous le lieu où l'on peut vivre la vocation missionnaire de chaque baptisé. La constitution Lumen Gentium (lumière des nations) du concile oecuménique Vatican II rappelle les "conditions ordinaires de la vie familiale et sociale" où les fidèles laïcs peuvent "rendre visible" le Christ aux autres par le témoignage de leur vie "rayonnant de foi, d'espérance et de charité." Cela signifie être en "état permanent" de mission." Il ne sert à rien d'organiser des initiatives spéciales, d'inventer des mobilisations spéciales. Il suffit de vivre la vie comme elle vient, de vivre de manière missionnaire les gestes les plus habituels, les occupations les plus ordinaires, au milieu des personnes que le Seigneur nous fait rencontrer."

   "Il est toujours nécessaire de clarifier ce qui dissimule, voile ou déforme le visage du Christ, y compris dans la mission. Aujourd'hui aussi, il faut demeurer vigilant à l'égard de tout ce qui d'une façon ou d'une autre finit par présenter la mission comme une forme de colonisation idéologique, même masquée.. Il ne s'agit en fait que de proposer le Christ. Dire qu'aujourd'hui nous avons la possibilité de le suivre. Il fait se garder de tous les systèmes, de toutes les formes d'annonces qui, sous n'importe quel prétexte, essaient d'imposer cette présentation."

Autres essais du Pape François : 

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/04/c-est-tous-les-jours-noel-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/07/loue-sois-tu-lettre-encyclique-laudato-si-sur-la-sauvegarde-de-la-maison-commune-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/12/francois-le-pape-des-pauvres-andrea-tornielli.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/04/qui-suis-je-pour-juger-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/08/les-7-dons-de-l-esprit-saint-pape-francois.html

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Quelqu'un pour qui trembler, Gilles Legardinier

17 Septembre 2020 , Rédigé par Erik Publié dans #Roman

   Thomas, médecin, a quitté la France dès son diplôme en poche pour partir en Inde s’occuper de nécessiteux. Il a passé toute sa vie dans un village dont il est devenu un membre à part entière et y a de nombreux amis. Il apprend 17 ans après son départ que la compagne qu’il a quittée en partant pour l’Inde a eu une fille. Il décide de rentrer en France pour découvrir cet enfant. Pour ce faire, il devient le directeur d’un petit centre de retraite dans la même ville qu’habite sa fille. Il va devoir réapprendre la vie en France, être un vrai directeur de centre et s’occuper de cette poignée de retraités plus dingues les uns que les autres, trouver des stratagèmes pour apprendre à connaître sa fille.

   Gilles Legardinier a une plume simple et efficace. Ce roman est non-seulement plein d’humanité mais aussi bourré d’humour. Ce roman est dans la grande lignée du style de Legardinier. Nous raconter de belles histoires tout en nous faisant rigoler. Il est vraiment très fort.    

   Et pour une autre lecture du même ouvrage, suivez le lien : http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2016/10/quelqu-un-pour-qui-trembler-gilles-legardinier.html

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La diagonale du vide, Pierre Péju

14 Septembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

   Voici une révélation. Je découvre Pierre Péju et son style poétique et émouvant.

   Marc Travenne vient de perdre son associé et meilleur ami. Il va embarquer pour un nouveau voyage d'affaires. Et puis, non. Il se retourne et décide de tout laisser tomber. S'en suit une quête d'identité sur la diagonale du vide, cette diagonale de la France des coins paumés et beaux, même en hiver. Marc croise Marion dans une auberge de randonneurs. Elle s'en va, après quelques heures partagées sur la route, pour suivre sa diagonale à elle. Il la laisse s'éloigner puis le lendemain part à sa recherche. 

    Une rencontre improbable, une histoire rebondissante, haletante, qui mène jusqu'à la vallée afghane de Bamiyan et ses Bouddhas. 

   J'ai déjà hâte de lire mon prochain Pierre Péju.

Quelques extraits :

   "Je me souviens, cette année-là, au milieu de l'hiver, debout derrière la baie vitrée de la salle d'embarquement, les yeux noyés dans une aurore verte et rose où un avion décollait toutes les minutes, j'ai décidé de tout arrêter."

   "Le premier jour, je n'ai fait que contempler la fenêtre de ma chambre, rectangle blanc, couvert de buée, auquel je pouvais substituer, d'un mouvement tournant de la main dans l'humidité ruisselante, une aquarelle abstraite composée de plusieurs gris bleutés, de verts éteints, de bruns, de roux et de jaune paille que le givre décolorait encore. A force de le fixer, j'y découvrais d'autres scènes :  patineurs sur un lac gelé, voyageurs approchant d'une ville sous un ciel menaçant. Je voyais des rois, des lions, des suppliciés. Un tableau toujours changeant qui me comblait. Fenêtre magique."

  " "Vous dîtes que vous attendez quelqu'un... Ce n'est pas toujours facile d'attendre, n'est-ce pas? On ne sait jamais très bien qui on attend, ni ce qu'on attend. On ne sait surtout pas qui va arriver ! Ni, bien sûr, ce qui va arriver ! Mais bon ..."

   "L'amour, l'école, et un endroit sur la terre. J'en étais certain. Les vitres et les salles de classe reflétaient une ancienne lumière. J'ai pensé très fort qu'une aventure de ce genre avait eu lieu, ici. Deux êtres qui se rencontrent, se découvrent, se conviennent et s'aiment. Deux êtres qui adhèrent pleinement à ce qui leur arrive. La magie du moment voulu. L'inverse des occasions manquées."

   "Brutalement, l'hiver a pris fin. On a souvent l'impression, à partir de petites sensations - soirées plus fraîches, fruits trop mûrs, ombres plus bleues, premières feuilles brunes arrachées par le vent qui se recroquevillent dans les angles morts -, que l'été, à peine commencé, est déjà en train de finir. Mais, à l'inverse, il semble généralement que l'hiver ne finira jamais, qu'on est définitivement cerné par l'humidité glacée, engoncé dans des épaisseurs de laine, voué aux nuits interminables, aux journées trop courtes, à une pénible et fatale frilosité du corps et de l'âme."   

   " "Passer à l'écart, se manquer de peu, partir sur un coup de tête, s'en remettre aux rencontres : les petites briques du destin. "

   "Je me souviens, un soir, vers la fin de l'été, l'obscurité ne parvenant pas à triompher de cette lueur indéfiniment déclinante qui faisait se succéder toutes les nuances de rose, mauve, bleu au-dessus des collines proches et lointaines déjà noyées dans le noir, Marion, venant du jardin, a remonté les marches du perron, avec lenteur, hésitation et peut-être regret, comme un élève qui, le dernier jour de classe de la dernière année d'école, ressent, derrière sa joie d'en avoir fini, un petit pincement de nostalgie tandis que son regard s'attarde sur des détails auxquels il n'avait jamais prêté attention."  

    

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On regrettera plus tard, Agnès Ledig

10 Septembre 2020 , Rédigé par Erik Publié dans #Roman

    Nuit d’orage dantesque, Valentine bien à l’abri chez elle en montagne entend des coups frappés à sa porte. Lorsqu’elle ouvre, elle trouve un homme trempé avec dans ses bras une fillette endormie brûlante de fièvre. Elle accepte de les accueillir et de les loger le temps que tout cela s’améliore. Valentine est institutrice dans le village voisin. L’homme trempé a quitté la société de consommation après la mort de sa femme pour partir sur les routes dans une roulotte avec sa fille. Rencontre de deux mondes, de deux êtres. Une histoire simple ancrée dans la vraie vie.

   Ca se lit facilement et rapidement. Parfait pour passer 2 heures en train.

Et une autre lecture du même ouvrage sur le blog :

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2018/02/on-regrettera-plus-tard-agnes-ledig.html

ainsi que la suite :

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2018/09/de-tes-nouvelles-agnes-ledig.html

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