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La Mer à l'envers, Marie Darrieussecq

31 Août 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

    Un sujet éminemment d'actualité, traité avec humanité, vérité et optimisme.

   Rose rencontre Younès en croisière. Elle est tout de suite attirée par ce garçon en situation de survie. Elle aimerait l'aider, le fait du bout des doigts, du bout des lèvres, du bout du coeur. Par peur du qu'en dira-t-on sans doute, peur de la réaction de sa famille, peur d'elle-même peut-être ?   

   Et nous, que ferions-nous si nous venions à rencontrer un naufragé clandestin? Traverserions-nous les mêmes courants que Rose ? 

   "Oui, c'était la solution, le but, tout provisoire qu'il fût : regarder la mer." 

   "La fille a un sourire ironique, détaché, elle est super-belle. Pourquoi ne pas leur accorder à eux aussi ce trouble qui la tient ? Ce malaise qu'en dessous les pauvres, au-dessus les riches. Mais quoi. Rien de neuf. La petite fille aux allumettes est morte de faim et de froid sous les fenêtres des festins. D'ailleurs il y a un groupe de migrants, ou comment dit-on, de réfugiés, sur la terrasse à quelques mètres des fêtards. Une très légère porosité entre les deux niveaux. Ils boivent des bières et restent entre eux. Deux vigiles de la même couleur veillent. A cinq euros le gobelet de bière, de toute façon la surveillance est vite faite."

   "C'est le monde qui aurait dû changer, pas ta vie. Voilà ce que songe Rose qui a rendez-vous avec Younès sous le pont de Brixton à Londres. Le pont de Brixton à Londres, elle a le temps de bien le contempler, est un viaduc au-dessus de la station de métro Brixton. Il est mangé par les plantes, la rouille et les graffitis, mais on peut l'imaginer toujours debout dans une ville post-humaine : passerelle disproportionnée pour ce qui restera d'insectes et de rampants, sous un soleil allant au bout de son devenir d'étoile, brûlant son dernier oxygène puis, au terme de milliards d'années anciennement humaines, dévorant ses ultimes réserves d'hélium, dans une dépense débridée, un feu d'artifice de junkie de l'espace, un baroud d'honneur intergalactique, sans sujet, sans personne, bouffant tout, absorbant Mercure et Vénus et la Terre, roulant des flammes inouïes, tournoyant dans sa propre gabegie de star, révolutionnant sa propre destruction, géante rouge puis naine blanche, noyau effondré sur lui-même expulsant sa dernière matière dans un carnaval multicolore".

   "Ils sont dans leur grand lit. Ils sont à l'abri. La vie va continuer. Le vent du Sud appuie doucement sur la maison. Rose s'est endormie aux côtés de son homme. Et au matin, la terrasse, face aux Pyrénées, est couverte d'un voile rouge de sable du Sahara."

   Une autre proposition de Maie Darrieusecq

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/04/il-faut-beaucoup-aimer-les-hommes-marie-darrieussecq.html

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Les chats de hasard, Anny Duperey

27 Août 2020 , Rédigé par Cécile Publié dans #Roman

    C'est un roman tout doux, doux comme un chat, écrit par la comédienne Anny Duperey pour nous raconter l'indispensable présence des chats dans sa vie. Une présence discrète, constante et fidèle, une présence qui lui a été nécessaire pour surmonter des moments douloureux. Elle nous parle avec une très grande sensibilité de la sérénité dégagée par le chat et son pouvoir d'apaisement sur l'être humain. D'un chat à l'autre, elle observe leur comportement, leur proximité physique et mentale avec elle et sa famille. Elle nous raconte de très belles rencontres avec ses chats, petit chat perdu, chat vagabond de la campagne... Des chats qui se sont approchés d'elle pour qu'ils se choisissent l'un l'autre, comme une belle histoire d'amour. C'est çà ! Une vie avec un chat, est une histoire d'amour à chaque vie. Si vous aimez les animaux et les chats en particulier, vous allez adorer ce livre !

Comme elle l'écrit : "C'est une envie de rendre hommage à ces personnes animales rares qui accompagnent parfois un temps notre existence et y apportent paix et simplicité."

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Un monde à portée de main, Maylis de Kerangal

23 Août 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

   Maylis de Kerangal nous propose un nouveau sujet original comme elle en a l'habitude. Nous suivons les études de Paula, Jonas et Kate rue du Métal à Bruxelles. Ils deviennent faussaires, mais pas n'importe quels faussaires : des peintres qui vont apprendre à copier la nature de manière exacte. Six mois de travail acharné pour pouvoir réaliser une forêt en trompe l'oeil ou un portor. Après ces six mois initiatiques Paula sera prête à décorer une chambre d'enfant d'un ciel bleu pastel, un hall d'entrée d'une luxueux immeuble appartenant à un émir du Golfe, des décors de cinéma en Italie ou même une réplique de la grotte de Lascaux.

   J'ai pris plaisir à retrouver le style précis et incisif de Maylis de Kerangal, le rythme particulier de ses phrases aux juxtapositions dynamiques. J'ai aimé découvrir un métier inconnu pour moi et visiter des lieux emblématiques.

   "Parler un peu de la rue du Métal maintenant. Revoir Paula qui se présente devant le numéro 30 bis ce jour de septembre 2007 et recule sur le trottoir pour lever les yeux vers la façade - c'est un moment important. Ce qui se tient là dans cette rue de Bruxelles au bas du quartier Saint-Gilles, rue quelconque, rue insignifiante, rue reprisée comme un vieux bas de laine, est une maison de conte : cramoisie, vénérable, à la fois fantastique et repliée. Et déjà, pense Paula qui a mal aux cervicales à force de renverser la tête en arrière, déjà c'est une maison de peinture, une maison dont la façade semble avoir été prélevée dans le tableau d'un maître flamand : brique bourgeoise, pignons à gradins, riches ferrures aux fenêtres, porte monumentale, judas grillagé, et puis cette glycine qui ceint l'édifice telle une parure de hanches. Alors exactement comme si elle entrait dans un conte, exactement comme si elle était elle-même un personnage de conte, Paula tire la chevillette, la cloche émet un tintement fêlé, la porte s'ouvre, et la jeune-fille pénètre dans l'Institut de peinture ; elle disparaît dans le décor."

   "Apprendre à imiter le bois, c'est "faire histoire avec la forêt" - la dame au col roulé noir dit aussi "établir une relation", "entrer en rapport" - et Paula fait longtemps tourner cette phrase dans sa tête, pour qu'elle décante. Elle attend. Une vie végétale frémit dans l'atelier, qui se prolonge sur les panneaux, prolifère sur les palettes où les couleurs nuancent les jaunes, dégradent les bruns, hébergent un peu de rouge pour les acajous et ce noir absolu que l'on trouve au coeur des ébènes les plus purs. Les arbres se fendent, leurs bois révèlent des aubiers clairs, des duramens toujours plus sombres, enseignent un répertoire de formes, un entrelacement de fils droits, ondulés ou spiralés, un semis de pores et de loupes qui chiffrent un monde à portée de main."

   "où l'attend Anna Karénine. [...] un texte dont elle capte immédiatement la nature de palais, l'extérieur solide, l'intérieur immense et minutieux, si parfaitement créé qu'il lui semble être advenu d'un seul bloc, issu d'un puissant sortilège ; elle tourne lentement les pages, perd parfois le fil, remonte le paragraphe à contre-courant jusqu'à l'endroit du texte où elle a lâché la corde, puis replonge et se réinsère, médusée par le façonnage progressif de l'amour, taillé éclat par éclat tel un biface du paléolithique, jusqu'à devenir tranchant comme une lame et capable de fendre un coeur en silence, jusqu'à devenir ce grain de poussière pléochroïque, ce fragment minéral qui change de couleur selon l'angle par lequel on le regarde, à jamais énigmatique et finit par rendre fou."

   D'autres romans de Maylis de Kerangal et quelques mots sur l'auteur 

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2016/10/maylis-de-kerangal.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/09/kiruna-maylis-de-kerangal.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2016/10/naissance-d-un-pont.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2016/11/reparer-les-vivants-maylis-de-kerangal.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2016/10/dans-les-rapides-maylis-de-kerangal.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/12/un-chemin-de-tables-maylis-de-kerangal.html

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Vivre, à quoi ça sert ? , Soeur Emmanuelle

18 Août 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

   Voici un récit très personnel de Soeur Emmanuelle. Elle nous raconte sa jeunesse, son cheminement dans la foi, ses questionnements, ses doutes, et l'aide qu'elle a trouvée auprès de son maître à penser, Blaise Pascal. Elle nous met aussi en garde contre ce qu'elle appelle les "trois registres de la libido : la pulsion de sentir, la pulsion de savoir, la pulsion de dominer." et nous donne des exemples des expériences qu'elle en a fait. Elle nous incite - et nous explique comment elle est arrivée - à s'accepter "de n'être qu'humain, fini" pour briser le "cercle infernal [...] du perfectionnisme, [..] de la course aux résultats, à efficacité" et aller vers "l'action équilibrée, sereine, qui a renoncé à l'idéalité".    

   Les Pensées, son livre de référence, ont accompagné Soeur Emmanuelle toute sa vie. 

   Vivre, à quoi ça sert est donc une belle manière d'aborder Les Pensées, un décryptage d'une grande intelligence de coeur de la très dynamique et positive Soeur Emmanuelle, qui, au passage, nous explique le "fameux pari de Pascal". 

   Vivre bien sûr vous l'aurez deviné sert à aimer et uniquement à aimer en acceptant sa condition humaine.   "Dans l'élan du coeur, dans le moindre mouvement d'amour, s'épanouit la vérité de l'homme."

"Contrairement à l'image d'Epinal qui est donnée du fameux "pari" de Pascal, il ne consiste pas vraiment dans la considération des gains et des pertes, encore moins dans une délibération hypocrite, du genre : "Si Dieu existe, j'ai tout gagné en pariant ; s'il n'existe pas, je n'ai rien perdu." Le pari est interne à la foi. Il est ce passage, cette conversation entre la foi raisonnée qui comprend qu'elle ne peut pas comprendre Dieu et la foi raisonnée qui comprend qu'elle ne peut même pas déterminer s'il est ou n'est pas. La raison est impuissante à saisir et à démontrer cette certitude autrement profonde qu'apporte l'expérience de la foi. Pourtant, la raison peut fort bien - et c'est ce qu'illustre Pascal - décrire son impuissance et l'expliquer. La raison expose alors sa perte de maîtrise. La raison sait que l'expérience véritablement humaine dépasse ses moyens et son ordre. Autrement dit, croire n'implique en aucune manière de "perdre la raison" ou de s'opposer à elle. C'est bien un acte de raison de se rendre compte de son impuissance. La foi est au-dessus de la raison et non pas contre. Le pari est un pari raisonnable mais qui n'est pas le fruit de la raison".

"Je fus comme abasourdie. Depuis si longtemps je me débattais pour trouver des preuves irréfutables de l'existence de dieu, et voilà que Pascal se moquait de l'ambition illusoire de la rationalité en ce domaine ! Dieu est en effet irréductible à la raison raisonnante. Pascal ne cesse de le répéter : Dieu est un Dieu caché. N'est-ce pas d'abord l'expérience que nous faisons quotidiennement ? Dieu est absent de ce monde qui tourne mal, de ce monde violent et injuste. Et pourtant, il y a bien une présence de Dieu dans le monde, mais ce n'est pas sous le mode de l'intervention. Cette présence est au coeur de l'homme, de sa conscience et de sa volonté, de son inconscient et de son âme, pour le porter vers le bien, qu'il le sache ou non. Dieu a confié le monde à la responsabilité de l'homme, créé à son image et à sa ressemblance. Aussi, Dieu n'agit dans le monde que dans et par l'homme. Pour autant nous ne sommes pas des robots. Nous sommes libres, ou plutôt nous possédons des germes de liberté. Que Dieu soit un Dieu caché est la condition même de notre liberté : si un Dieu s'imposait à nous, qu'en serait-il de notre libre arbitre ? Il n'y aurait même plus besoin de croire, puisque ce dieu serait évident. La foi est un acte libre." 

(Pascal Pensées) " "Dieu sensible au coeur et non à la raison". Ce fut une libération, l'irradiation d'un phare illuminant ma nuit. Il suffisait de laisser jaillir ma soif d'absolu, il suffisait d'aller vers Dieu comme j'allais vers l'homme dans une simple confiance, sans recherche de preuves rationnelles. "

   "je pus ouvrir largement mon coeur, mon coeur assoiffé, pour y laisser entrer l'infini. Et cet infini n'a aucun rapport avec les immenses perspectives de l'esprit. Cet infini est de l'ordre de l'amour. Dieu n'est pas seulement un Dieu caché, il est aussi et d'abord un Dieu d'amour. Quelle consolation ! Avec le pari de Pascal, je fus ramenée à moi-même, à mon identité. Je fus rajeunie. Je retrouvais mon coeur d'enfant, simple comme une source. (Pensées "La sagesse nous renvoie à l'enfance.")"   

   "L'acte pur, le don gratuit à 100%, existe-t-il ? La réponse est non. Notre nature cherche son épanouissement. Elle contient en elle-même la soif de jouir et de posséder, de "se faire mousser", comme elle contient aussi l'élan du don, du service, de la compassion." [...] L'idéal, me semble-t-il, est de travailler dans le même mouvement à son propre bonheur et à celui des autres. Ne te creuse pas trop la tête, Emmanuelle, essaie de t'oublier davantage en cessant d'être obnubilée par tes propres contradictions. Essaie de t'accepter; humaine, pétrie de grandeur et de misère. Reçois-toi telle que tu es, tout bonnement, en tirant la meilleur part de tes défauts comme de tes qualités. Et yalla, en avant pour le service !"

    "Il m'a fallu des années pour me rendre compte que je portais en moi, dans ma peau, dans mon corps, mon coeur, mon âme, un noyau inextricable de bon et de mauvais."

    "Le champ de l'amour, s'il est infini, dépend de chaque personne, de sa capacité d'ouverture, de ses décisions. Chacun a une vocation d'amour particulière. L'amour n'est pas uniforme, chacun l'incarne à sa manière., dans les conditions déterminées de sa vie personnelle. Ainsi, la vie n'est pas un sens unique., général et valable pour tout le monde. Il n'y a pas de recette. L'amour est un pari personnel. L'amour est multiforme. L'amour est le fruit de notre liberté. Entre le plaisir et le bonheur, il faut choisir. Entre l'écume et l'éternité, il faut choisir. Entre la voracité et l'amitié, il faut choisir.  Attention ! Il ne s'agit pas d'un choix radical et définitif, mais plutôt d'une direction. De quel côté pencherons-nous ?"     

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Seras-tu là ? , Guillaume Musso

9 Août 2020 , Rédigé par Justine

    Une histoire merveilleuse, des personnages attachants, une écriture très agréable pour une novice de la lecture, ce livre nous fait passer un merveilleux moment !

   Le personnage principal fait des allers-retours dans le temps pour retrouver son amour de jeunesse et nous transmet toutes ses émotions, jusqu'à avoir la larme à l'oeil...

   Je conseille ce livre à toutes les personnes qui souhaitent se prendre au jeu de la lecture et ne plus penser au temps présent, un pur bonheur !   

   Et pour découvrir d'autres titres de Musso

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/06/la-jeune-fille-et-la-nuit-guillaume-musso.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2017/09/un-appartement-a-paris-guillaume-musso.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2018/12/et-apres.guillaume-musso.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2017/04/l-instant-present-musso.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/10/la-fille-de-brooklyn-guillaume-musso.html

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Une femme simple, Cédric Morgan

6 Août 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Roman

   C'est l'histoire d'une héroïne du XIXè siècle. "Jeanne Le Mithouard (1778-1842), dite "La France", née au Logeo, était batelière-passagère et transportait personnes, marchandises et animaux. Bâtie comme une athlète, vêtue comme un matelot, son instinct, sa force et son courage lui donnèrent plusieurs fois l'occasion de sauver des vies et des cargaisons. Elle reçut en 1837 la médaille d'honneur des sauveteurs en mer."

   Cédric Morgan imagine la vie de cette géante, puissance de la nature, vie dont on ne sait rien hormis quelques lignes sur un panneau touristique dans le golfe du Morbihan ou quelques pages dans une chronique sur la presqu'île de Rhuys. 

   Une femme simple, une vie simple, une belle vie bien remplie; un travail dur certes mais proche de la nature et de ses merveilles; la contemplation des paysages et de ses habitants; l'amour aussi, le coup de foudre, la liberté de choix, le don de soi, pleinement. 

   Cédric Morgan fait de cette batelière-passagère une femme hors du commun vibrante d'une vie simple.

   Un texte très bien écrit, magnifique et bouleversant, qui se lit d'une traite. Une femme simple a reçu le prix Bretagne-Breizh en 2015.

   "Son passé, son futur tenaient en deux mots : labeur et repos. Et, à côté, il y avait en récompense les joies de l'existence. Elle ne les recensait pas là où les débusquaient les autres femmes quand, au lavoir ou aux moments de pause lors des travaux des champs, elles les énuméraient en riant : le bal, la fête, les rires, la foule, les compliments et certaines façons des hommes, le va-et-vient des charrettes, la foire, les beaux habits des processions. 

   Elle ne les comptait pas sur ses doigts, elle ne pouvait dresser la liste de ses plaisirs et contentements. Si elle s'était interrogée plus avant, les bonheurs de l'existence lui seraient apparus, dans la venue, au jour le jour, d'un rayon de soleil, dans la course des nuages, les allers-retours des marées, l'observation de l'oiseau, la fleur, la valse lente de la vague, l'affairement de l'insecte, le balancement des frondaisons; aussi dans le sourire d'un homme, les rires d'une femme, les doigts que l'on frôle, certaines musiques, la saveur d'un fruit. Et encore, dans la lune en plein jour, faucille oubliée dans son champ de bleuets, où la présence subtile rappelait en pleine lumière l'envers du jour, l'existence d'une obscurité."

 

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L'antiquaire de Zurich, Michael Pye

1 Août 2020 , Rédigé par Cécile Publié dans #Roman

    Ce livre raconte la vie d'une femme qui vivait à Berlin avec son jeune fils pendant les années de guerre. Elle survit aux bombes, au froid et à la faim. Et comme elle est belle et a de très bonnes relations, on lui fait confiance : des juifs lui remettent leurs biens, meubles et avoirs, pour qu'elle les aide. Mais elle ne les restituera jamais et les emporte en Suisse à la fin de la guerre. Elle ouvre une belle galerie d'art et fait fortune.

   Ce roman, inspiré d'une histoire vraie, raconte la spoliation de riches familles juives, leur pillage par des marchands sans morale. Il y a d'incroyables descriptions de Berlin bombardé, de la ville qui s'écroule et de la fuite folle vers des pays plus surs en 1945.

   Le titre original The Pieces from Berlin est plus parlant car il nous parle d'objets précis, décrits par les ex propriétaires. Le roman tourne autour d'une petite table en marqueterie, reconnue 40 ans après dans une vitrine par sa légitime propriétaire, une juive rescapée des camps de concentration. Elle a bien connu l'antiquaire, elles ont même été amies et elles se retrouvent longtemps après. Un vague procès, aucune punition, tout cela a permis à l'antiquaire de vivre toute sa vie dans le luxe et la reconnaissance du monde de l'art.

   C'est l'histoire vraie d'une voleuse, Andreina Schwegler-Torré. Une voleuse sans morale, une parmi d'autres car de très grandes collections d'art ont encore des tableaux d'origine douteuse. Aujourd'hui nous en sommes à l'époque des restitutions d'oeuvres après de très longues recherches par des spécialistes mondiaux. Alors voilà un roman parlant et concret sur le sujet.​

   Bonne lecture !

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