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theatre et poesie

Ar-Men, Emmanuel Lepage

20 Février 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Théâtre et Poésie

    Depuis le 30 août 1881, Ar-Men veille à l'extrémité de la chaussée de Sein à dix kilomètres à l'Ouest de l’Île. 

   C'est l'histoire de sa construction et de ses gardiens de phares que nous conte Emmanuel Lepage au travers de ce magnifique illustré. Un superbe conte entre chantier impossible et légende de la cité d'Ys.

   A découvrir absolument : l'illustré et l'île de Sein bien sûr !

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Phare_d%27Ar-Men#:~:text=Le%20phare%20d'Ar%2DMen%20(Ar%20Men%20signifiant%20%C2%AB,arr%C3%AAt%C3%A9%20du%2031%20d%C3%A9cembre%202015.

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La petite Faiseuse ou l'étonnant voyage d'une Fée, Sandrine Gestin

23 Décembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Développement personnel, #Théâtre et Poésie

   La petite Faiseuse est un livre magnifiquement illustré qui raconte le chemin d'une fée pour se redécouvrir et ouvrir à nouveau ses ailes.

   Une fée se réveille. La nature qui l'entoure est belle. Soudain elle réalise qu'elle ne sait pas qui elle est, a perdu ses souvenirs et ne vole plus.

   Elle entreprend un voyage initiatique et, grâce à des rencontres insolites, va, peu à peu, reprendre confiance en elle et se reconstruire.

   Sous l'aspect d'un conte, Sandrine Gestin, illustratrice française née à Quimper en 1969, nous offre un ouvrage de développement personnel de toute beauté où "chacun [...] puisera ce qu'il cherche selon son chemin".

Et pour découvrir les autres créations de Sandrine Gestin https://www.sandrinegestin.com/

 

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Les justes, Albert Camus

24 Novembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Théâtre et Poésie

   Albert Camus nous transporte dans la Russie du début du XXe siècle, à Moscou en 1905, dans l'intimité d'un groupe de révolutionnaires qui s'apprêtent à assassiner le Grand-Duc Serge, Serguei Aleksandrovitch Romanov, frère du tsar Alexandre III et oncle de Nicolas II.

   Plus qu'une simple pièce de théâtre, il s'agit d'une oeuvre édifiante sur le sens du combat révolutionnaire et de la justice.

"KALIAYEV [...] La révolution, bien sûr ! Mais la révolution pour la vie, pour donner une chance à la vie, tu comprends ?

DORA, avec élan - Oui... (Plus bas après un silence) Et pourtant, nous allons donner la mort.  

KALIAYEV Qui, nous ? Ah, tu veux dire ... Ce n'est pas la même chose. Oh non ! ce n'est pas la même chose. Et puis, nous tuons pour bâtir un monde où plus jamais personne ne tuera ! Nous acceptons d'être criminels pour que la terre se couvre enfin d'innocents.

DORA Et si cela n'était pas ?

KALIAYEV Tais-toi, tu sais bien que c'est impossible. Stepan aurait raison alors. Et il faudrait cracher à la figure de la beauté."

"STEPAN Des enfants ! Vous n'avez que ce mot à la bouche. Ne comprenez-vous donc rien ?  Parce que Yanek n'a pas tué ces deux-là, des milliers d'enfants russes mourront de faim pendant des années encore. Avez-vous vu des enfants mourir de faim ? Moi, oui. Et la mort par la bombe est un enchantement à côté de cette mort-là. Mais Yanek ne les a pas vus. Il n'a vu que les deux chiens savants du grand-duc. N'êtes-vous donc pas des hommes ? Vivez-vous dans le seul instant ? Alors choisissez la charité et guérissez seulement le mal de chaque jour, non la révolution qui veut guérir tous les maux, présents et à venir.

DORA Yanek accepte de tuer le grand-duc puisque sa mort permet d'avancer le temps où les enfants russes ne mourront plus de faim. Cela n'est déjà pas facile. Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites."

STEPAN, violemment Il n'y a pas de limites. La vérité est que vous ne croyez pas à la révolution. (Tous se lèvent sauf Yanek.) Vous n'y croyez pas. Si vous y croyiez totalement, complètement, si vous étiez sûrs que par nos sacrifices et nos victoires, nous arriverons à bâtir une Russie libérée du despotisme, une terre de liberté qui finira par recouvrir le monde entier, si vous ne doutiez pas qu'alors, l'homme, libéré de ses maîtres et de ses préjugés, lèvera vers le ciel la face des vrais dieux, que pèserait la mort de deux enfants ? Vous vous reconnaîtriez tous les droits, tous, vous m'entendez. Et si cette mort vous arrête, c'est que vous n'êtes pas sûrs d'être dans votre droit. Vous ne croyez pas à la révolution. 

Silence KALIAYEV se lève.  KALIAYEV Stepan, j'ai honte de moi et pourtant je ne te laisserai pas continuer. J'ai accepté de tuer pour renverser le despotisme. Mais derrière ce que tu dis, je vois s'annoncer un despotisme qui, s'il s'installe jamais, fera de moi un assassin alors que j'essaie d'être un justicier."

"KALIAYEV, se levant, dans une grande agitation. Aujourd'hui je sais ce que je ne savais pas. Tu avais raison, ce n'est pas si simple. Je croyais que c'était facile de tuer, que l'idée suffisait, et le courage. Mais je ne suis pas si grand et je sais maintenant qu'il n'y a pas de bonheur dans la haine. Tout ce mal, tout ce mal, en moi et chez les autres. Le meurtre, la lâcheté, l'injustice ... Oh il faut, il faut que je le tue... Mais j'irai jusqu'au bout ! Plus loin que la haine ! 

DORA Plus loin ? Il n'y a rien.

KALIAYEV Il y a l'amour." 

"KALIAYEV, brutalement. Tais-toi. Mon coeur ne me parle que de toi. Mais tout à l'heure, je ne devrai pas trembler. 

DORA, égarée.  Tout à l'heure ? Oui, j'oubliais... (Elle rit comme si elle pleurait.) Non, c'est très bien, mon chéri. Ne sois pas fâché, je n'étais pas raisonnable. C'est la fatigue. Moi non plus, je n'aurais pas pu le dire. Je t'aime du même amour un peu fixe, dans la justice et les prisons. L'été, Yanek, tu te souviens ? Mais non, c'est l'éternel hiver.  Nous ne sommes pas de ce monde, nous sommes des justes. Il y a une chaleur qui n'est pas pour nous. (Se détournant.) Ah ! pitié pour les justes !"

 

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Les Femmes savantes, Molière

25 Février 2018 , Rédigé par Estelle Publié dans #Théâtre et Poésie

   Les Femmes savantes est une comédie de Molière jouée pour la première fois par la Troupe du Roy en 1672. C'est son avant-dernière pièce, peut-être la plus aboutie. 

   Hormis le plaisir de lire en vers, il est intéressant de se transporter à l'époque de Louis XIV et de s'interroger sur la place de la femme dans la société française du XVIIè siècle. Celle que semble prôner Molière : une épouse aimante, éduquée pour être capable de gérer sa maisonnée avec pragmatisme, comme Henriette. La seconde catégorie de femmes, celles qui s'initient aux sciences et à la philosophie font fausse route et sont le jouet des imposteurs et intrigants, comme Trissotin, le trois fois sot, personnage inspiré de l'abbé Cotin, ennemi de Molière et du poète Nicolas Boileau.

   On se dit heureusement que cette vision dichotomique a bien évolué et qu'il existe tout une palette de possibilités de s'épanouir pour une femme - comme pour un homme - à l'heure actuelle. 

   A moins que ... J'ai parcouru avec consternation dernièrement une discussion sur LinkedIn où certains décidaient avec sincérité et même une certaine bienveillance qu'une mère doit rester chez elle élever ses enfants car c'est ce qui la rendra heureuse.

   Monsieur Molière, votre pièce est toujours d'actualité!

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Lettres à Anne, François Mitterrand

10 Septembre 2017 , Rédigé par Evelyne Publié dans #Roman, #Théâtre et Poésie

 

   

   Un gros pavé de 1200 pages.

 

   La transcription des lettres de  François Mitterrand à Anne Pingeot .

 

   J’ai découvert une autre facette de l’homme politique totalement inconnue.

 

  Un pur bonheur, de la poésie, à savourer sans modération.

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Le songe d'une nuit d'été, Shakespeare

30 Août 2017 , Rédigé par Estelle Publié dans #Théâtre et Poésie

   Avec ce titre envoûtant, Le songe d'une nuit d'été est-elle une pièce majeure ou mineure de Shakespeare? Les critiques sont partagés. Il est vrai que la pièce est, semble, inégale.

   Un début prometteur digne des plus grandes tragédies : Hermia aime Lysandre et en est aimée en retour, mais son père, Egée, la promet à Démétrius. Thésée, duc d'Athènes, en application de la loi, lui laisse 24 heures pour choisir: épouser Démétrius, devenir religieuse ou mourir.

   Un début riche de belles envolées poétiques pour l'amour vrai, puis des dialogues quelconques à la façon de Shakespeare pour les simulacres. 

   Des humains soumis aux facéties de la reine des fées et du roi des elfes, une pièce jouée pour deux mariages dans laquelle tout est bien qui finit bien, bien sûr!

   J'en profite pour partager la belle analyse de Roseline comparant la créativité chez Shakespeare et chez Baudelaire, qui lui paraîtra bientôt sur le blog. "Avec Baudelaire pour être créatif l'artiste doit se faire mal pour aller chercher la créativité au plus profond de lui-même alors que Shakespeare dans cette pièce semble dire que l'amour ou la créativité passe par la sincérité sans éphémère". Qu'en pensez-vous?

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Les poissons rouges, Jean Anouilh

4 Juin 2017 , Rédigé par Estelle Publié dans #Théâtre et Poésie

   

  Ecrite en 1968 c'est un pièce à plusieurs niveaux de lecture. Satire sociale et politique, drame ou comédie ironique?

   Anouilh se moque-t-il de la faiblesse d'Antoine qui se veut homme libre et se débat entre une femme aigrie, une maîtresse suicidaire et un ami d'enfance sangsue sans vergogne, ou lui porte-t-il un regard tendre?

   C'est la dure condition du gentilhomme qui se doit, pour l'Honneur, de supporter en silence les vicissitudes de la vie et les méchancetés des plus mal lotis que lui  en tendant l'autre joue.

   Une pièce déroutante, surprenante jusqu'au bout, qui amène à la réflexion.

 

 

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Phèdre, Racine

23 Avril 2017 , Rédigé par Estelle Publié dans #Théâtre et Poésie

   

   Racine crée Phèdre en 1677, l'un de ses plus beaux rôles, l'un des plus complexes. Phèdre est une tragédie grecque dont le sujet est tiré d'Euripide et l'un des personnages de Virgile. Racine y décline les thèmes de la passion, la morale, la fatalité. 

   Racine dit de Phèdre "Je lui dois ce que j'ai peut-être de plus raisonnable au théâtre [...] Phèdre n'est ni tout a fait coupable ni tout à fait innocente".

   Qu'en pensez-vous? Phèdre pouvait-elle échapper à son destin, se jouer des dieux plutôt que d'être leur jouet? Qui désigneriez-vous coupable(s)?

   Un pièce poétique à savourer.

  

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