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L'humour du Christ, Denis Bost

17 Juin 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

   Au travers de la lecture des Évangiles, Denis Bost nous fait goûter à l'humour du Christ ou, plutôt, nous montre son sourire. Car comment ne pas sourire avec Jésus lorsqu'il défait l'adversaire lors de la tentation au désert, lorsqu'il donne une leçon sur la Loi aux pharisiens tout en dessinant dans le sable dans l'épisode la femme adultère, ou lorsqu'il guérit, et par deux fois, le jour du sabbat, d'abord un aveugle de naissance puis un homme à la main desséchée. Car tels sont pris qui croyaient prendre.

   L'humour du Christ c'est son à-propos, sa finesse, sa justesse, jusqu'à son esprit taquin avec ses disciples toujours pour éduquer à voir la vérité dans la joie et l'amour. 

   Des noces de Cana à la marche sur les eaux de Tibériade, de l'entretien avec Nicodème à la discussion avec les compagnons d’Emmaüs, en passant par le fameux "Rendez à César" et le "denier" du culte, Denis Bost nous propose de lire la Bible le sourire aux lèvres :-) 

   En voici un extrait :

   "Du retournement ou comment le Christ renvoie ses adversaires à eux-mêmes : autour de Marc (3, 1-5).

Le nouvel extrait présenté est un exemple de retournement de situation dont le caractère provoquant participe à une ambiance humoristique, même si l'humour n'est visiblement pas partagé. Le Christ va se montrer expert en la matière en posant un point de vue neuf sur une pratique religieuse que d'aucuns avaient crue - trop vite ? - résolue. 

D'abord voici le contexte : un principe - celui du respect du shabbat - absolu par définition, étant posé, les adversaires du Christ, par routine intellectuelle, n'en pensent plus ni le sens, ni la nature première : exaltation du Bien et du Bon liée, à nouveau, à une affirmation d'une conscience libre et devenue responsable. Du coup, l'application "mécanique" du précepte a quelque chose d'implacable que le Christ s'empresse de mettre en pièce. Ici encore, le regard recentré que Jésus invite à porter, par truchement, sur l'ensemble de la Loi, n'est pas apprécié à sa valeur. Il y avait une chance à saisir pourtant en cette occasion. Quoiqu'il en soit, les antagonistes ne digèrent pas d'être renvoyés à eux-mêmes, face à leur propre économie de la Loi, d'un retour de flamme qu'ils ont pourtant provoqué par leur malveillance envers le Messie et leur absence de compassion envers un homme lourdement handicapé. le shabbat n'appelle-t-il pas cependant, en lui-même, une restauration de la nature dans sa plénitude ? [...] Le Christ a donc fait la démonstration de l'inanité de l'obstruction systématique des pharisiens. Et il l'a fait en leur posant une question qui les laissent seuls avec eux-mêmes, muets et nus dans l'aigreur de leur hargne. Tandis qu'au milieu d'eux se dresse cet homme régénéré. 

C'est sur cette façon qu'a le Christ de les soumettre à leur tour aux conséquences de leur prévention que repose tout le piquant - et Dieu sait s'ils ont été piqués - de ce curieux échange où il n'y a qu'un seul locuteur et un public d'opposants définitivement enfoncés. L'incapacité des pharisiens à offrir une résistance de même qualité les conduit à une capitulation sans combat, par forfait !" 

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