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essais

Histoire d'une âme, Sainte Thérèse de L'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

19 Novembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Développement personnel

   A lire pour partager l'expérience vécue de la tendresse de Dieu et découvrir Sainte Thérèse.

   Et à écouter avec Natasha St Pier 

https://www.youtube.com/watch?edufilter=NULL&v=nB_qdTPZdA8

   "Deux mois avant sa mort, Thérèse relisait, à la demande de Mère Agnès de Jésus, quelques pages de ses souvenirs d'enfance. Les larmes aux yeux, elle s'interrompt soudain : "Ce que je relis dans ce cahier, c'est si bien mon âme ! ... Ma Mère, ces pages feront beaucoup de bien. On connaîtra mieux ensuite la douceur du bon Dieu..." C'est à cette expérience de la tendresse divine qu'est convié chacun des lecteurs de l'Histoire d'une Âme."

 

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Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire - Etre missionnaire aujourd'hui dans le monde, Pape François

25 Septembre 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

   Interviewé par Gianni Valente, le Pape François, parle de la mission de tous les croyants à la suite de Sainte Thérèse de Lisieux patronne des missions : être missionnaire en répondant à l'appel de Jésus avec simplicité et humilité, par l'exemple. Un programme qu'il appelle "L'Eglise en sortie", un programme à l'équilibre délicat, que le Pape explicite. Et comme à l'accoutumée le Pape ne mâche pas ses mots. Ci-dessous quelques extraits :

   " "Eglise en sortie" n'est pas une expression à la mode de mon invention. Elle est un commandement du Christ qui, dans l'évangile de Marc, demande aux siens d'aller à travers le monde et de "prêcher" la bonne parole à toute la création. Soit l'église est en sortie, soit elle n'est pas l'église. Si l'église ne sort pas, elle se corrompt, se dénature. Elle devient quelque chose d'autre."

   "Sans l'Esprit, la mission devient autre chose. Elle devient un projet de conquête, la prétention d'une conquête que nous effectuons. Une conquête religieuse, ou peut-être idéologique, même lorsqu'elle est faite avec de bonnes intentions. Mais c'est autre chose. [...] Si L'esprit saint est absent il n'y a pas d'annonce de l'Evangile. Cela tu peux l'appeler publicité, recherche de nouveaux prosélytes. [...] La mission n'est pas un projet d'entreprise bien rodé. Ce n'est même pas un spectacle organisé pour compter le nombre de personnes y prenant part grâce à notre propagande. L'Esprit saint agit comme il le veut, quand il le veut et où il le veut. Cela peut procurer un certain vertige. Et pourtant le summum de la liberté consiste précisément à se laisser porter par l'Esprit en renonçant à calculer et à tout contrôler. "

   "Le désir de faire quelque chose pour le Christ est une réponse, un remerciement pour ce que le Christ a fait pour moi. Saint Ignace l'écrit dans ses Exercices Spirituels "Il a tout fait pour moi, alors je fais quelque chose pour lui." "

  "D'aucuns, et ils sont nombreux, soulignent  que la mission n'est plus une activité confiée exclusivement à des groupes spécifiques issus du monde ecclésial, à des professionnels "spécialisés". Qu'est ce que cela veut dire?

   Dieu a choisi de convoquer les hommes et les femmes comme un  peuple et non comme des êtres isolés. Personne ne se sauve seul, c'est-à-dire ni comme individu isolé, ni avec ses seules forces. Jésus ne dit pas aux apôtres de former un groupe exclusif, un groupe d'élite. L'ensemble du peuple fidèle de Dieu a la mission comme horizon. Tous les baptisés peuvent confesser le Christ dans les conditions où ils se trouvent. Sans automatismes, sans liens de contraintes. C'est la graine du baptême qui peut fleurir de manière gratuite, et de mille et une façons. Aussi la mission n'est-elle pas la compétence exclusive de groupes particuliers. Personne ne peut revendiquer la compétence exclusive de maintenir en vie l'esprit missionnaire de l'Eglise, comme si l'Eglise était un corps mort à réanimer. Cela revient au Seigneur, c'est lui qui choisit de nombreuses voies, parfois pleines de fantaisie et de surprise, pour faire vivre au peuple de Dieu sa vocation missionnaire. Seul le peuple de Dieu dans sa totalité est infaillible en croyant. Quand un groupe se sépare de l'ensemble du peuple de Dieu et veut assumer une position d'élite, il perd la possibilité de prendre part à l'infaillible sensus fidei [le "sens de la foi des fidèles"] du saint peuple de Dieu. Et comment peut-on rendre témoignage du Seigneur si on ne partage pas le sensus fidei infaillible du peuple de Dieu ? Ce serait comme vouloir être un arbre sans avoir de racines."

    "La condition ordinaire est pour tous le lieu où l'on peut vivre la vocation missionnaire de chaque baptisé. La constitution Lumen Gentium (lumière des nations) du concile oecuménique Vatican II rappelle les "conditions ordinaires de la vie familiale et sociale" où les fidèles laïcs peuvent "rendre visible" le Christ aux autres par le témoignage de leur vie "rayonnant de foi, d'espérance et de charité." Cela signifie être en "état permanent" de mission." Il ne sert à rien d'organiser des initiatives spéciales, d'inventer des mobilisations spéciales. Il suffit de vivre la vie comme elle vient, de vivre de manière missionnaire les gestes les plus habituels, les occupations les plus ordinaires, au milieu des personnes que le Seigneur nous fait rencontrer."

   "Il est toujours nécessaire de clarifier ce qui dissimule, voile ou déforme le visage du Christ, y compris dans la mission. Aujourd'hui aussi, il faut demeurer vigilant à l'égard de tout ce qui d'une façon ou d'une autre finit par présenter la mission comme une forme de colonisation idéologique, même masquée.. Il ne s'agit en fait que de proposer le Christ. Dire qu'aujourd'hui nous avons la possibilité de le suivre. Il fait se garder de tous les systèmes, de toutes les formes d'annonces qui, sous n'importe quel prétexte, essaient d'imposer cette présentation."

Autres essais du Pape François : 

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/04/c-est-tous-les-jours-noel-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/07/loue-sois-tu-lettre-encyclique-laudato-si-sur-la-sauvegarde-de-la-maison-commune-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/12/francois-le-pape-des-pauvres-andrea-tornielli.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/04/qui-suis-je-pour-juger-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/08/les-7-dons-de-l-esprit-saint-pape-francois.html

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Vivre, à quoi ça sert ? , Soeur Emmanuelle

18 Août 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

   Voici un récit très personnel de Soeur Emmanuelle. Elle nous raconte sa jeunesse, son cheminement dans la foi, ses questionnements, ses doutes, et l'aide qu'elle a trouvée auprès de son maître à penser, Blaise Pascal. Elle nous met aussi en garde contre ce qu'elle appelle les "trois registres de la libido : la pulsion de sentir, la pulsion de savoir, la pulsion de dominer." et nous donne des exemples des expériences qu'elle en a fait. Elle nous incite - et nous explique comment elle est arrivée - à s'accepter "de n'être qu'humain, fini" pour briser le "cercle infernal [...] du perfectionnisme, [..] de la course aux résultats, à efficacité" et aller vers "l'action équilibrée, sereine, qui a renoncé à l'idéalité".    

   Les Pensées, son livre de référence, ont accompagné Soeur Emmanuelle toute sa vie. 

   Vivre, à quoi ça sert est donc une belle manière d'aborder Les Pensées, un décryptage d'une grande intelligence de coeur de la très dynamique et positive Soeur Emmanuelle, qui, au passage, nous explique le "fameux pari de Pascal". 

   Vivre bien sûr vous l'aurez deviné sert à aimer et uniquement à aimer en acceptant sa condition humaine.   "Dans l'élan du coeur, dans le moindre mouvement d'amour, s'épanouit la vérité de l'homme."

"Contrairement à l'image d'Epinal qui est donnée du fameux "pari" de Pascal, il ne consiste pas vraiment dans la considération des gains et des pertes, encore moins dans une délibération hypocrite, du genre : "Si Dieu existe, j'ai tout gagné en pariant ; s'il n'existe pas, je n'ai rien perdu." Le pari est interne à la foi. Il est ce passage, cette conversation entre la foi raisonnée qui comprend qu'elle ne peut pas comprendre Dieu et la foi raisonnée qui comprend qu'elle ne peut même pas déterminer s'il est ou n'est pas. La raison est impuissante à saisir et à démontrer cette certitude autrement profonde qu'apporte l'expérience de la foi. Pourtant, la raison peut fort bien - et c'est ce qu'illustre Pascal - décrire son impuissance et l'expliquer. La raison expose alors sa perte de maîtrise. La raison sait que l'expérience véritablement humaine dépasse ses moyens et son ordre. Autrement dit, croire n'implique en aucune manière de "perdre la raison" ou de s'opposer à elle. C'est bien un acte de raison de se rendre compte de son impuissance. La foi est au-dessus de la raison et non pas contre. Le pari est un pari raisonnable mais qui n'est pas le fruit de la raison".

"Je fus comme abasourdie. Depuis si longtemps je me débattais pour trouver des preuves irréfutables de l'existence de dieu, et voilà que Pascal se moquait de l'ambition illusoire de la rationalité en ce domaine ! Dieu est en effet irréductible à la raison raisonnante. Pascal ne cesse de le répéter : Dieu est un Dieu caché. N'est-ce pas d'abord l'expérience que nous faisons quotidiennement ? Dieu est absent de ce monde qui tourne mal, de ce monde violent et injuste. Et pourtant, il y a bien une présence de Dieu dans le monde, mais ce n'est pas sous le mode de l'intervention. Cette présence est au coeur de l'homme, de sa conscience et de sa volonté, de son inconscient et de son âme, pour le porter vers le bien, qu'il le sache ou non. Dieu a confié le monde à la responsabilité de l'homme, créé à son image et à sa ressemblance. Aussi, Dieu n'agit dans le monde que dans et par l'homme. Pour autant nous ne sommes pas des robots. Nous sommes libres, ou plutôt nous possédons des germes de liberté. Que Dieu soit un Dieu caché est la condition même de notre liberté : si un Dieu s'imposait à nous, qu'en serait-il de notre libre arbitre ? Il n'y aurait même plus besoin de croire, puisque ce dieu serait évident. La foi est un acte libre." 

(Pascal Pensées) " "Dieu sensible au coeur et non à la raison". Ce fut une libération, l'irradiation d'un phare illuminant ma nuit. Il suffisait de laisser jaillir ma soif d'absolu, il suffisait d'aller vers Dieu comme j'allais vers l'homme dans une simple confiance, sans recherche de preuves rationnelles. "

   "je pus ouvrir largement mon coeur, mon coeur assoiffé, pour y laisser entrer l'infini. Et cet infini n'a aucun rapport avec les immenses perspectives de l'esprit. Cet infini est de l'ordre de l'amour. Dieu n'est pas seulement un Dieu caché, il est aussi et d'abord un Dieu d'amour. Quelle consolation ! Avec le pari de Pascal, je fus ramenée à moi-même, à mon identité. Je fus rajeunie. Je retrouvais mon coeur d'enfant, simple comme une source. (Pensées "La sagesse nous renvoie à l'enfance.")"   

   "L'acte pur, le don gratuit à 100%, existe-t-il ? La réponse est non. Notre nature cherche son épanouissement. Elle contient en elle-même la soif de jouir et de posséder, de "se faire mousser", comme elle contient aussi l'élan du don, du service, de la compassion." [...] L'idéal, me semble-t-il, est de travailler dans le même mouvement à son propre bonheur et à celui des autres. Ne te creuse pas trop la tête, Emmanuelle, essaie de t'oublier davantage en cessant d'être obnubilée par tes propres contradictions. Essaie de t'accepter; humaine, pétrie de grandeur et de misère. Reçois-toi telle que tu es, tout bonnement, en tirant la meilleur part de tes défauts comme de tes qualités. Et yalla, en avant pour le service !"

    "Il m'a fallu des années pour me rendre compte que je portais en moi, dans ma peau, dans mon corps, mon coeur, mon âme, un noyau inextricable de bon et de mauvais."

    "Le champ de l'amour, s'il est infini, dépend de chaque personne, de sa capacité d'ouverture, de ses décisions. Chacun a une vocation d'amour particulière. L'amour n'est pas uniforme, chacun l'incarne à sa manière., dans les conditions déterminées de sa vie personnelle. Ainsi, la vie n'est pas un sens unique., général et valable pour tout le monde. Il n'y a pas de recette. L'amour est un pari personnel. L'amour est multiforme. L'amour est le fruit de notre liberté. Entre le plaisir et le bonheur, il faut choisir. Entre l'écume et l'éternité, il faut choisir. Entre la voracité et l'amitié, il faut choisir.  Attention ! Il ne s'agit pas d'un choix radical et définitif, mais plutôt d'une direction. De quel côté pencherons-nous ?"     

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Loué sois-tu, Lettre encyclique Laudato Si' sur la sauvegarde de la maison commune, Pape François

11 Juillet 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

   Voici un ouvrage surprenant et explosif, éminemment politique et sans compromis. Une exhortation à agir et vite !

   La lettre encyclique de 2015 Laudato Si' dresse un état des lieux réaliste de notre situation environnementale et sociétale, sujets intimement liés. "Il n'y a pas deux crises séparées, l'une environnementale et l'autre sociétale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale. Les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature".

   L'humanité est arrivée ou a certainement dépassé le point de non retour.  Le Pape François nous engage donc tous - croyants et non-croyants - non seulement à prendre soin de notre planète individuellement mais encore à nous unir pour mettre en place des actions citoyennes collectivement. Le Pape est extrêmement impliqué dans la sauvegarde de la maison commune et ce n'est certainement pas un hasard s'il a choisi de se prénommer François comme le Saint homonyme.

   Le Pape François exhorte ainsi les pouvoirs en place à faire preuve de courage et de détermination, à oublier les considérations court termistes électoralistes et à leur préférer des solutions véritablement durables pour les peuples et la nature. "Le drame de l'"immédiateté" politique soutenue aussi par des populations consuméristes, conduit à la nécessité de produire de la croissance à court terme. Répondant à des intérêts électoraux, les gouvernements ne prennent pas facilement le risque de mécontenter la population avec des mesures qui peuvent affecter le niveau de consommation ou mettre en péril des investissements étrangers. La myopie de la logique du pouvoir ralentit l'intégration de l'agenda environnemental aux vues larges, dans l'agenda public des gouvernements. On oublie ainsi [...] que nous sommes toujours plus féconds quand nous nous préoccupons plus d'élaborer des processus que de nous emparer des espaces de pouvoir. La grandeur politique se révèle quand, dans les moments difficiles, on oeuvre pour les grands principes et en pensant au bien commun à long terme. [...] Etant donné que le droit se montre parfois insuffisant en raison de la corruption, il faut que la décision politique soit incitée par la pression de la population. La société, à travers des organismes non gouvernementaux et des associations intermédiaires, doit obliger les gouvernements à développer des normes, des procédures et des contrôles plus rigoureux. Si les citoyens ne contrôlent pas le pouvoir politique - national, régional et municipal - un contrôle des dommages sur l'environnement n'est pas possible non plus. [...] sans la pression de la population et des institutions, il y aura toujours de la résistance à intervenir, plus encore quand il y aura des urgences à affronter. Qu'un homme politique assume ces responsabilités avec les coûts que cela implique, ne répond pas à la logique d'efficacité et d'immédiateté de l'économie ni à celle de la politique actuelle ; mais s'il ose le faire, cela le conduira à reconnaître la dignité que Dieu lui a donnée comme homme, et il laissera dans l'histoire un témoignage de généreuse responsabilité. Il faut accorder une place prépondérante à une saine politique, capable de réformer les institutions, de les coordonner et de les doter de meilleures pratiques qui permettent de vaincre les pressions et les inerties vicieuses. Cependant, il faut ajouter que les meilleurs mécanismes finissent par succomber quand manquent les grandes finalités, les valeurs, une compréhension humaniste et riche de sens, qui donnent à chaque société une orientation riche et généreuse."

   Ce livre est à lire et à relire. Je pourrais le résumer, mais je préfère vous laisser la chance de le découvrir. Pour ceux qui n'en n'aurons pas tout de suite l'occasion voici quelques extraits, nombreux et ils auraient pû l'être plus encore tant est dense l'encyclique Laudato Si'

    "La Charte de la Terre nous invitait tous à tourner le dos à une étape d'autodestruction et à prendre un nouveau départ, mais nous n'avons pas encore développé une conscience universelle qui le rende possible. Voilà pourquoi j'ose proposer de nouveau ce beau défi "[...] Faisons en sorte que notre époque soit reconnue dans l'histoire comme celle de l'éveil d'une nouvelle forme d'hommage à la vie, d'une ferme résolution d'atteindre la durabilité, de l'accélération de la lutte pour la justice et la paix et de l'heureuse célébration de la vie."

   "Si nous nous approchons de la nature et de l'environnement sans cette ouverture à l'étonnement et à l'émerveillement,  si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats. En revanche, si nous nous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément."

   "Il devient indispensable de créer un système normatif qui implique des limites infranchissables et assure la protection des écosystèmes, avant que les nouvelles forme de pouvoir dérivées du paradigme technico-économique ne finissent par raser non seulement la politique mais aussi la liberté et la justice.  La faiblesse de la réaction internationale est frappante. La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèlent dans l'échec des Sommets mondiaux sur l'environnement. Il y a trop d'intérêts particuliers, et très facilement l'intérêt économique arrive à prévaloir sur le bien commun et à manipuler l'information pour ne pas voir affectés ses projets. [...] Pendant ce temps, les pouvoirs économiques continuent de justifier le système mondial actuel, où priment une spéculation et une recherche du revenu financier qui tendent à ignorer tout contexte, de même que les effets sur la dignité humaine et sur l'environnement. [...] Beaucoup diront qu'ils n'ont pas conscience de réaliser des actions immorales parce que la distraction constante nous ôte le courage de nous rendre compte de la réalité d'un monde limité et fini. Voilà pourquoi aujourd'hui "tout ce qui est fragile, comme l'environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisés, transformés en règle absolue.""

   "aujourd'hui nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu'une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l'environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. [...] nous savons que l'on gaspille approximativement un tiers des aliments qui sont produits, et "que lorsqu'on jette de la nourriture, c'est comme si l'on volait la nourriture à la table du pauvre." "Nous ne nous rendons plus compte que certains croupissent dans une misère dégradante, sans réelle possibilité d'en sortir, alors que d'autres ne savent même pas quoi faire de ce qu'ils possèdent, font étalage avec vanité d'une soi-disant supériorité, et laissent derrière eux un niveau de gaspillage qu'il serait impossible de généraliser sans anéantir la planète. Nous continuons à admettre en pratique que les uns se sentent plus humains que les autres, comme s'ils étaient nés avec de plus grands droits."

    "La vision qui consolide l'arbitraire du plus fort a favorisé d'immenses inégalités, injustices et violences pour la plus grande partie de l'humanité, parce que les ressources finissent par appartenir au premier qui arrive, ou qui a le plus de pouvoir : le gagnant emporte tout." [...]"L'homme moderne n'a pas reçu l'éducation nécessaire pour faire un bon usage de son pouvoir", parce que l'immense progrès technologique n'a pas été accompagné d'un développement de l'être humain en responsabilité, en valeurs, en conscience.[...] De fait, la technique a un penchant pour tout englober dans sa logique de fer, et l'homme qui possède la technique "sait que, en dernière analyse, ce qui est en jeu dans la technique, ce n'est ni l'utilité, ni le bien-être, mais la domination, une domination au sens le plus extrême du terme.[...] La capcité de décision, la liberté la plus authentique et l'espace pour une créativité alternative des individus, sont réduits. Le paradigme technocratique tend aussi à exercer son emprise sur l'économie et la politique. L'économie assume tout le développement technologique en fonction du profit, sans prêter attention à d'éventuelles conséquences négatives pour l'être humain. Les finances étouffent l'économie réelle. Les leçons de la crise financière n'ont pas été retenues, et on prend en compte les leçons de la détérioration de l'environnement avec beaucoup de lenteur. "

   "Les jeunes ont une nouvelle sensibilité écologique et un esprit généreux, et certains d'entre eux luttent admirablement pour la défense de l'environnement ; mais ils ont grandi dans un contexte de très grande consommation et de bien-être qui rend difficile le développement d'autres habitudes. C'est pourquoi nous sommes devant un défi éducatif. L'éducation environnementale a progressivement élargi le champ de ses objectifs. Si au commencement elle été très axée sur l'information scientifique ainsi que sur la sensibilisation et la prévention des risques environnementaux, à présent cette éducation tend à inclure une critique des "mythes" de la modernité (individualisme, progrès indéfini, concurrence, consumérisme, marché sans règles), fondés sur la raison instrumentale." 

   "L'harmonie entre le Créateur, l'humanité et l'ensemble de la création a été détruite par le fait d'avoir prétendu prendre la place de Dieu, en refusant de nous reconnaître comme des créatures limitées. Ce fait a dénaturé aussi la mission  de "soumettre" la terre, de "la cultiver et la garder". Comme résultat, la relation, harmonieuse à l'origine entre l'être humain et la nature, est devenue conflictuelle. [...] Il est important de lire les textes bibliques dans leur contexte, avec une herméneutique adéquate, et de se souvenir qu'ils nous invitent à "cultiver et garder" le jardin du monde. Alors que "cultiver" signifie labourer, défricher ou travailler, "garder" signifie protéger, sauvegarder, préserver, soigner, surveiller. Cela implique une relation de réciprocité responsable entre l'être humain et la nature. [...] Si nous reconnaissons la valeur et la fragilité de la nature, et en même temps les capacités que le Créateur nous a octroyées, cela nous permet d'en finir aujourd'hui avec le mythe moderne du progrès matériel sans limite. Un monde fragile, avec un être humain à qui Dieu en confie le soin, interpelle notre intelligence pour reconnaître comment nous devrions orienter, cultiver et limiter notre pouvoir. [...] La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité de jouir avec peu. C'est un retour à la simplicité qui nous permet de nous arrêter pour apprécier ce qui est petit, pour remercier des possibilités que la vie nous offre, sans nous attacher à ce que nous avons ni nous attrister de ce que nous ne possédons pas. Cela suppose d'éviter la dynamique de la domination et de la simple accumulation de plaisirs. [...] Il faut reprendre conscience que nous avons besoin les uns des autres, que nous avons une responsabilité vis-à-vis des autres et du monde, que cela vaut la peine d'être bon et honnête. Depuis trop longtemps déjà, nous sommes dans la dégradation morale, en nous moquant que l'éthique, de la bonté, de la foi, de l'honnêteté. L'heure est arrivée de réaliser que cette joyeuse superficialité nous a peu servi. cette destruction de tout fondement de la vie sociale finit par nous opposer les uns aux autres, chacun cherchant à préserver ses propres intérêts ; elle provoque l'émergence de nouvelles formes de violence et de cruauté, en empêche le développement d'une vraie culture de protection de l'environnement." 

Et pour d'autres enseignements du Pape François : 

 

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/08/sans-jesus-nous-ne-pouvons-rien-faire-etre-missionnaire-aujourd-hui-dans-le-monde-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/04/c-est-tous-les-jours-noel-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/12/francois-le-pape-des-pauvres-andrea-tornielli.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/04/qui-suis-je-pour-juger-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/08/les-7-dons-de-l-esprit-saint-pape-francois.html

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L'Amour comme un défi, Stan Rougier

16 Mai 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Développement personnel

   Savons-nous, osons-nous parler d'amour ? Parler d'amour simplement et le vivre ? Aujourd'hui cela peut être un défi dans nos sociétés que de croire en l'amour, de le dire, de le faire exister. Essayer de dire "Je veux vivre d'amour, par amour et pour l'amour de l'autre ! " Quels regards pensez-vous alors susciter ? Interrogatifs au mieux, compatissants peut-être, amusés aussi. Et pourtant quoi de plus naturel que d'aimer ses parents, son conjoint, ses enfants, ses frères, son prochain ? Quoi de plus naturel mais souvent de si difficile au jour le jour.

   Le Père Stan Rougier nous donne des clés philosophiques et théologiques pour comprendre la beauté de l'amour partagé. Son ouvrage pour tous - croyants ou non -  est émaillé de citations, de témoignages et de passages de la Bible qui nous font réfléchir et donnent envie de relever le défi. Il ne s'agit pas "seulement" d'aimer son prochain comme soi-même, mais de s'aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés, ou encore mieux : de nous aimer les uns les autres comme Dieu a aimé son Fils. 

   " "Soyez pour vos semblables ce que le soleil et l'eau sont pour les plantes." (D'après Matthieu 5, 45). Le soleil et l'eau ne changent pas le cèdre en pommier ni le cactus en fraisier. Ils permettent seulement à l'arbre ou à la plante d'exister selon sa nature différente, unique et originale. Cette parole de Matthieu est à mes yeux la plus belle définition de l'amour."

  "Dans l'arithmétique de l'amour, un plus un égale tout et deux moins un égale rien. M. Mc Laughlin". 

   "Le meilleur et le plus fécond de nos existences se joue sur des rencontres ... Il y faut un état de vigilance. Se tenir prêt, désencombré, vierge d'à priori, vierge d'appréhension...."

  "il existe un autre étage de l'amour. Celui que les Grecs nommaient Agapé. L'amour à construire, l'amour à guérir, l'amour malgré tout. Recevoir la mission de concourir à l'éclosion spirituelle d'un être, révéler son génie particulier, favoriser sa croissance, lui permettre de s'accepter avec son passé et ses limites".

   "Aimer, selon Dieu, c'est porter une attention extrême à un être dont on devine le caractère sacré, le mystère unique, l'originalité singulière, la beauté incomparable. Cet être dont Dieu a rêvé de toute éternité, cet être que Dieu aime comme jamais une mère n'a aimé son enfant, voilà que l'amour nous donne de le voir, ne serait-ce qu'un instant, tel que Dieu le voit, comme un miracle ! "

   "L'être humain est invité à s'humaniser, à nouer des liens de plus en plus généreux. De quoi donc est constitué notre quotidien sinon d'ajustements ? Quelle est la trame de toute grande aventure sinon les relations que chaque jour nous propose ? "

   "Si notre soif d'Absolu s'adresse à l'Absolu, nous n'irons pas vers l'autre avec la peur d'être floué, mais parce que Dieu nous l'a confié : bancal certainement, blessé sans doute, orgueilleux parfois, futile souvent, coupeur de cheveux en quatre, hélas  ! , tout comme Il nous a confiés à lui, dans notre état "inachevé", atteint d'autres défauts bien plus dérangeants peut-être ! L'amour véritable est le plus grand des maîtres spirituels, le plus habile des pédagogues. Il fait exister davantage celui qui le donne que celui qui le reçoit."

   "La seule chose qui permette au mal de triompher est l'inaction des hommes de bien. (Edmund Burke)".

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C'est tous les jours NOËL, Pape François

17 Avril 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

 

   Voici un livre revigorant. Plein de tendresse, de bon sens et de joie ; d'humilité et d'enseignement ; de vérité et d'espoir. 

   Jorge Mario Bergoglio est né dans un quartier populaire de Buenos Aires, le 17 décembre 1936 ; issu de deux familles d'immigrés italiens originaires du Piémont et de Ligurie, il est baptisé le 25 décembre 1936, je jour de Noël donc ! Il est "appelé" à l'âge de 17 ans. Il a connu beaucoup d'expériences de la vie, a été fiancé, a fait des ménages et a été videur de boîte de nuit pour payer ses études, est diplômé en chimie, a été professeur de littérature et de théologie. Il est nommé cardinal par Jean-Paul II le 21 février 2001 et élu Pape le 13 mars 2013.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_(pape)

   Dans C'est tous les jours NOËL le Pape François aborde les thèmes de la famille, des enfants et des anciens, de la souffrance, du voyage, et de la joie bien sûr.

"Partage tes larmes, partage ton sourire ! [...] Il faut du courage aujourd'hui pour parler de joie, il faut surtout de la foi ! Le monde est assailli par tant de problèmes, l'avenir est chargé d'incertitudes et de peurs. Pourtant le chrétien est une personne joyeuse et sa joie n'est ni superficielle ni éphémère : elle est profonde et constante, car c'est un don du Seigneur qui emplit la vie."

"Cinq règles pour les jeunes d'aujourd'hui: 1- Ne jamais renoncer [...] 2- S'intéresser aux besoins des plus pauvres [...] 3-Aimer l'Eglise [...] 4- Être des apôtres de paix et de sérénité [...] 5- Parler avec Jésus. La prière : parler avec Jésus, l'ami le plus grand qui jamais ne nous abandonne, lui confier vos joies et vos peines. Courir à lui chaque fois que vous vous êtes trompé et que vous avez fait quelque chose de mal, avec la certitude qu'il vous pardonnera. Et parler à tous de Jésus, de son amour, de sa miséricorde, de sa tendresse, parce que l'amitié avec Jésus, qui a donné sa vie pour nous, est un événement tout à raconter. Tous ces "tout" sont importants."

"Apprendre la liberté à ses enfants. Une bonne maman, c'est aussi quelqu'un qui aide à prendre des décisions définitives en toute liberté. Ce n'est pas chose facile, mais une maman sait faire ça. Cependant que veut dire liberté ? Ce n'est sûrement pas faire tout ce qu'on veut en se laissant dominer par les passions, passer d'une expérience à l'autre sans discernement, suivre l'air du temps ; la liberté ne signifie pas, comme on dit, jeter par la fenêtre tout ce qui nous plaît pas. Non ! Ce n'est pas ça, la liberté ! La liberté nous est donnée pour que nous sachions faire les bons choix dans la vie ! Marie, en bonne mère, nous éduque à être comme Elle, capables de faire des choix définitifs ; des choix définitifs au moment où règne en quelque sorte, la philosophie du provisoire.". 

" Un examen de conscience sur la liberté et l'esclavage. [...] Notre chemin existentiel rencontre toujours une tendance à résister à la libération ; nous avons peur de la liberté ; paradoxalement, plus ou moins consciemment, nous préférons l'esclavage. La liberté nous effraie car elle nous place devant le temps et notre responsabilité de bien le vivre. L'esclavage, en revanche, réduit le temps à un simple moment et ainsi nous nous sentons plus sûrs. c'est-à-dire que l'esclavage nous fait vivre des moments détachés du passé et de notre avenir. En d'autres termes, l'esclavage nous empêche de vivre pleinement et réellement le présent, parce qu'il le vide du passé et le ferme face à l'avenir, face à l'éternité. L'esclavage nous faire croire que nous ne pouvons pas rêver, voler, espérer."

"Ne "prends pas tout", prends la chair de Jésus. Tout esprit qui reconnaît Jésus Christ venu dans la chair, vient de Dieu; tout esprit qui ne reconnaît pas Jésus, ne vient pas de Dieu. [...] C'est aussi simple que ça : si ce que tu désires, ou ce que tu penses, prend le chemin du Verbe incarné, du Seigneur venu en chair , ça veut dire que ça vient de Dieu; mais si ça ne prend pas ce chemin-là, alors ça ne vient pas de Dieu.  [...].Si une pensée t'emmène sur le chemin de l'humilité, de l'abaissement, du service aux autres, elle est de Jésus; mais si elle t'emmène sur le chemin de la suffisance, de la vanité, de l'orgueil, ou encore sur le chemin d'une pensée abstraite, elle ne vient pas de Jésus. [...] Pensons-y aujourd'hui. Ca nous fera du bien. D'abord, qu'est-ce qui se passe dans mon coeur ? Quelles sont mes pensées? Quels sont mes sentiments? J'y prête attention, ou je laisse filer tout ce qui va et vient ? Est-ce que je sais ce que je veux ? Ce que je veux, ce que je désire, je le mets à l'épreuve ? Ou je prends tout ?"

D'autres enseignements du Pape François :

 

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/08/sans-jesus-nous-ne-pouvons-rien-faire-etre-missionnaire-aujourd-hui-dans-le-monde-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/07/loue-sois-tu-lettre-encyclique-laudato-si-sur-la-sauvegarde-de-la-maison-commune-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/12/francois-le-pape-des-pauvres-andrea-tornielli.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/04/qui-suis-je-pour-juger-pape-francois.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2021/08/les-7-dons-de-l-esprit-saint-pape-francois.html

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De mémoire d'Essénien, L'autre visage de Jésus, Daniel Meurois et Anne Givaudan

17 Mars 2020 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Roman

    Voici un livre surprenant. 

   Daniel Meurois et Anne Givaudan nous content leur expérience des Annales Akashiques, concept créé à la fin du XIXè siècle, à partir d'éléments de la philosophie indienne, une sorte de mémoire cosmique, de nature éthérique, qui enregistrerait les événements du monde.

   Myriam - Anne - et Simon - Daniel - vont accueillir dans leur village Essénien le jeune Joseph, puis plus tard suivre son enseignement quand il sera devenu Jésus. Les Esséniens sont un mouvement du judaïsme  qui a prospéré à partir du II e siècle av. J. -C. et dont l'existence est attestée au I er siècle en Palestine.

   Ce livre relate des faits parfois très similaires à ceux rapportés par les apôtres dans la Bible, parfois radicalement différents. De mémoire d'Esséniens est un ouvrage intéressant car il permet de vivre à l'époque de Jésus et d'imaginer ce qu'a pu être son enfance, son adolescence, l'enseignement qu'il a reçu et celui qu'il a prodigué. Sa force est celle d'un roman : happé par l'histoire on partage la vie des protagonistes tout en se posant des questions sur cette version particulière de la vie du Christ.

   "En ces temps-là, un Souffle passait sur notre Terre... Les enfants d'Essania, Nazarites et Nazaréens, le savaient. C'était un souffle rénovateur. Nous le voulions et nous le pressentions de paix. Pour d'autres, il devait s'identifier à la déchirure par le glaive. Ainsi, la Terre des anciennes promesses hésitait entre la consolation et la rébellion." 

   "Maintenant débute l'ère du partage total [...]. Le Père réclame des hommes qui prient, des hommes qui guérissent mais aussi des hommes-levain, de ceux que l'on trouve au coeur même des peuples."

   "Sachez demander simplement, sans vous soucier de la réponse, car la réponse est toujours la même : "Oui." "

   "Votre tâche ne sera donc point tant de persuader que de faire comprendre et je vous l'affirme, il existe un univers entre ces deux termes. Celui qui se dit persuadé est celui qui reste le jouet de son intellect et que les mots font basculer au gré des philosophies. Celui qui, au contraire, comprend est celui connaît parce qu'il plonge dans sa propre essence. " 

   "Tous ces êtres que vous côtoyez ne parviennent pas à penser par eux-mêmes ou par l'univers. Ils n'écoutent pas leur esprit mais leur intellect qui réagit en fonction de leur intérêt du moment. Ils ont adopté les modes de réflexion et la mentalité des pères de leurs pères. Comprenez bien, ils ne voient pas venir la loi de l'équilibre et de la douceur. C'est la loi simple que les longs discours et les dogmes flétrissent. C'est la loi de ceux qui ne se contentent plus d'être mais veulent aussi devenir. Ne blâmez pourtant pas ceux qui ne comprennent pas car ce sont ceux qui ne savent pas. Ils n'ont pas besoin de votre pitié ni de vos mouvements de peur mais de votre amour inconditionnel."

   "Ne leur parlez pas de moi ... mais de mon coeur qui dort en eux. Apprenez leur enfin à avoir envie d'aimer ... voilà tout ce que le Père vous demande."

   "Celui qui ne trouve nulle joie ou nul amusement dans l'étude n'apprend pas encore ... Il défriche."

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Sur la route du papier, Erik Orsenna

4 Décembre 2019 , Rédigé par Erik Publié dans #Essais, #Roman

    Avant de nous parler des moustiques (voir lien article ci-dessous), Erik Orsenna en bon écrivain nous a parlé du papier. Il a suivi la route du papier de façon chronologique, de sa création en Chine à sa production aujourd’hui mondiale.

   On y apprend son historique mais aussi sa technique de fabrication. En fait ses techniques de fabrication, à partir de tissu puis de diverses fibres de bois ou d’autres celluloses. On rend visite à un village au Japon où les techniques ancestrales de fabrication sont encore de mise et dont le papier produit est recherché dans le monde entier. On apprend que l’eucalyptus est l’arbre roi pour fabriquer du papier et qu’il n’est pas l’arbre destructeur de forêts comme on l’a si souvent entendu. On apprend aussi que le papier est depuis longtemps la matière la mieux et la plus recyclée de toutes les matières dont nous nous servons. Le secteur du papier d’écriture ne se porte pas trop bien mais le secteur du papier absorbant est en large croissance.

   Sous la plume d’Erik Orsenna, le papier devient un personnage que nous avons le plaisir à suivre partout où il est et va. Le papier est bien vivant, respectons-le.

   Cet ouvrage nous ré-apprend que le livre n’est pas important seulement par son contenu mais que le contenant l’est tout autant en étant un concentré de technologie dont il n’a pas à rougir face aux supports dits modernes que sont tablettes et autres smartphones.

Sur les moustiques, un autre ouvrage du même auteur proposé par Erik sur le blog :

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/09/geopolitique-du-moustique-erik-orsenna.html

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Le bug humain, Sébastien Bohler

21 Novembre 2019 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais

   Le plus bel outil de l'Homme c'est son cerveau, sa plus grande arme aussi, ou plutôt le plus grand danger auquel il est confronté.

   Sébastien Bohler nous explique comment fonctionne notre cerveau depuis les origines avec le striatum qui nous envoie des décharges de dopamine lorsque nous répondons à ses sollicitations et même avant d'avoir agi rien qu'à la pensée de la satisfaction du résultat à venir. Le problème : ses demandes sont liées à des besoins ancestraux nécessaires à notre espèce - la nourriture, le sexe et la procréation, le pouvoir qui donne accès aux deux précédents, le moindre effort pour l'économie de notre énergie et donc être frais et dispo pour la recherche de nourriture et de partenaires - besoins nécessaires mais pour la plupart des êtres humains plus que largement satisfaits aujourd'hui. Le striatum nous pousse donc à une course effrénée du toujours plus, plus vite, plus facilement. Et à cause de lui nous épuisons les ressources limitées de notre planète. 

   Alors la solution : le cortex bien sûr, autre partie de notre cerveau, le cortex notre allié. Mais il va être plus que difficile de se restreindre face aux sollicitations constantes de la publicité, des nouvelles technologies, de l'évolution de la science. Certains philosophes s'y sont essayés sans succès, nombre de religions aussi.

   Alors ? Sébastien Bohler propose quelques pistes :

1- éduquer nos enfants à apprécier le mieux vivre avec moins et le partage dès leur plus jeune âge

2- méditer, seule activité qui permet de différer la satisfaction immédiate de nos besoins et même de les oublier

3- développer notre goût inné pour la connaissance, la créativité, la curiosité en choisissant des actions nouvelles pour protéger nos ressources et l'environnement : le striatum aime aussi ces domaines et donc ainsi nous pouvons jouer avec lui.

   Un ouvrage à découvrir absolument !    

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Kiruna, Maylis de Kerangal

28 Octobre 2019 , Rédigé par Estelle Publié dans #Essais, #Roman

   C'est un trop petit bijou que Maylis de Kerangal nous offre avec Kiruna. Un bijou d'une part car Maylis de Kerangal est mon auteur préférée et ses livres se font rares. Trop petit car Kiruna est effectivement d'un format peu commun et, d'autre part, c'est le sujet, la mine, son histoire, la vie des mineurs qui m'interpelle tout particulièrement. 

   Ce bijou donc, qui fait partie d'un programme intitulé "Mineurs d'un autre monde", est un court roman ou un long article de style journalistique, comme toujours chez Maylis de Kerangal alliant une photographie sociale et humaine d'une grande justesse à un style poétique émouvant. 

    "J'ai cherché une mine comme on cherche un point de passage dans le sous-sol terrestre, un accès aux formes qui le structurent, aux matières qui le composent, aux mouvements qui l'animent, à ce qu'il recèle de trésors et de ténèbres, à ce qu'il suscite comme convoitise et précipite comme invention. Je l'ai cherché comme on cherche la porte de cet espace inconnu sur quoi s'appuient nos existences, espace dont je ne sais s'il est vide ou plein, s'il est creusé d'alvéoles, de grottes ou de galeries, percé de tunnels ou aménagé de bunkers, s'il est habité, s'il est vivant. J'ai voulu descendre dans la mine, passer la tête sous la peau de la planète comme on passe la tête sous la surface de la mer afin d'entrer dans une autre réalité aussi déterminante et invisible que l'est l'intérieur du corps humain. J'ai voulu vivre cette expérience, j'ai voulu l'écrire : je suis partie à Kiruna."

   "Les villes ont des empreintes sonores. Elles ont un rythme, un flow, une tonalité et cette bande-son les distingue, joue comme un moteur d'identification aussi puissant qu'une marque olfactive, aussi immédiat que la vue qu'on en a : on ferme les yeux, on tend l'oreille et l'on sait où l'on est.

   A Kiruna, fin novembre, la rue est feutrée, le vent siffle, et le bruit de mes pas s'étouffe dans la neige. Le froid qui aiguise la ville est le portant sonore de tout ce qui va, de tout ce qui marche, roule, glisse, crisse, de tout ce qui craque, et réverbère le moindre souffle comme un micro géant. Je perçois parfois la vibration de la mine, sourde, qui semble s'intensifier la nuit quand la ville dort, ou bien ce grondement sec quand on dynamite la roche à plus d'un kilomètre dans le fond de la terre. J'écoute." 

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2016/10/maylis-de-kerangal.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2016/10/naissance-d-un-pont.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2016/11/reparer-les-vivants-maylis-de-kerangal.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2016/10/dans-les-rapides-maylis-de-kerangal.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/12/un-chemin-de-tables-maylis-de-kerangal.html

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2020/08/un-monde-a-portee-de-main-maylis-de-kerangal.html

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