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Ma vie est un miracle, Bernadette Moriau

13 Avril 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Développement personnel, #Essais

   Bernadette Moriau, la 70è miraculée de Lourdes, raconte son histoire.

   Soeur Marie-Bernadette raconte sa maladie de plus de quarante ans, sa souffrance, comment son médecin l'a convaincue de se rendre en pèlerinage à Lourdes à soixante-neuf ans, comment elle a senti une chaleur provenant du coeur lors de l'adoration trois jours après son retour et comment une voix en son for intérieur lui a intimé d'enlever ses appareils. 

    Elle décrit les dix ans d’enquête médicale qui ont été nécessaires pour que son cas soit qualifié par les médecins d'inexplicable dans la connaissance actuelle de la science et de miracle par l'Eglise Catholique.

   Ma vie est un miracle est un témoignage de foi donné avec force en toute humilité, un message d'espoir pour tous les malades et un appel à la conversion. Soeur Marie-Bernadette n'est pas chargée de nous faire croire mais simplement de témoigner de la grâce qu'elle a reçue de Jésus par l'intermédiaire de Notre Dame de Lourdes.

   "Voilà donc ma vie nouvelle. Accepter d'être livrée à tous, leur être disponible, raconter les merveilles de Dieu. Ne plus s'appartenir. C'est une forme de désappropriation. Etre également dépossédée du secret que j'ai dû garder si longtemps. Rester dans l'humilité. Ce n'est pas évident avec une telle mise en avant. Ne pas s'enorgueillir, s'en défendre et rendre toute gloire à Dieu. Je ne suis qu'un canal. Ne pas penser non plus à je ne sais quel succès ou résultat. Cela n'aurait strictement aucun sens. Dieu compte en multiplication ou en addition comme je l'ai dit au début mais il perd ses relevés de comptes tous les jours. Les résultats chiffrés ne sont pas son affaire. Son chiffre d'affaires c'est le sourire, le pardon, la paix, la joie. Ce qu'Il veut c'est la miséricorde, la surabondance d'amour. Dieu n'est pas pingre. Il aime. C'est tout."

   "Le catholicisme souffre d'une image jaunie. Il serait non seulement obtu mais cramoisi comme un vieux rideau délavé par le soleil. Mais tant mieux si ce tissu a perdu ses couleurs d'apparat. Elles étaient peut-être superficielles. En revanche, le christianisme profond, tel que l'Eglise catholique comme d'autres églises chrétiennes tentent de transmettre de génération en génération à des millions et des millions de personnes sur terre, lui, est toujours vivant. Il est jeune, vert, ultra-dynamique, subversif. Sauf qu'il n'habite pas dans les structures de l'Eglise comme le dit si bien le pape François mais dans les coeurs. C'est bien là que tout se joue. Si vous avez des a priori négatifs contre l'Eglise catholique, c'est donc sur ce terrain du coeur que nous pouvons certainement nous retrouver. Car le langage du coeur est vrai. Il parle à tous, de toutes conditions, cultures, langues. Il est universel non parce qu'il veut atteindre les "extrémités de la terre" comme a demandé le Christ aux apôtres mais parce qu'il atteint, sans mot dire, humblement, les extrémités du coeur de chacun. Quel qu'il soit, quels que soient son apparence, son passé, son état et son style. La question n'est pas de juger ou de jauger la personne. La question est de lui faire goûter la douceur de la miséricorde divine. Là aussi c'est un cheval de bataille du pape François. Il veut faire comprendre au monde que le christianisme ou le catholicisme n'est pas une instance morale mais une instance d'amour. Que sa mission est de communiquer au monde les "secrets" du Père éternel, entendez Dieu.

  Dieu n'est pas l'expert-comptable de nos péchés qui les retiendrait sur un grand cahier pour nous fermer, ou nous entrouvrir avec méfiance les portes du paradis ! Il est plutôt un blanchisseur, si vous me permettez cette réduction. Oui, Dieu lave. Il nous lave de nos noirceurs, misères, petitesses que nous connaissons que trop. Et il lave gratuitement et à fond. Il nous pardonne dans l'instant sans rien nous demander en retour. Sinon de reconnaître nos péchés, d'accepter d'être fils, de le reconnaître comme Père, non pour nous soumettre sous la férule d'un tyran mais pour nous baigner dans son Amour et nous faire avancer. Dieu n'instaure pas avec nous une relation de dette, de comptes à rendre, mais de don, de gratuité."

   "Il [le sacrement de réconciliation] nous permet de nous trouver nous-même, de nous retrouver en fait, dans ce que nous sommes profondément, dans le meilleur de ce que nous sommes. Pour être, par conséquent, plus agréable aux autres. C'est ce que l'on ne comprend pas dans le catholicisme. On croit que c'est une religion de l'empêchement, de la frustration alors que c'est une religion de l'épanouissement. Ah je sais ... cette religion charrie ses trop nombreux contre-exemples, chez les fidèles, chez les prêtres, les religieux, les religieuses. Mais le christianisme est la foi des pécheurs pardonnés. Ce n'est pas une religion d'élite. elle commence par le bas. Le Christ commence par laver les pieds de ses disciples. Dans ce lavement de nos misères, dans ce lavement de soi par Dieu, il n'y a pas d'autre programme que ce mot Amour. Amour de Dieu, Amour des autres. Et Amour de soi, au bon sens du terme, car on ne peut aimer les autres en se méprisant soi-même.

   En effet, Dieu aime le "juste". Pas le juste milieu millimétré ou soupesé, uniformisé. Dieu a horreur du standard, du prêt-à-penser ou du prêt-à-aimer. Le "like" de loin en frôlant du doigt un écran connecté n'est pas son genre ! Dieu aime chaque personne concrètement, telle qu'elle est. A commencer par ses défauts. Oui, vous avez bien lu. Dieu n'aime pas l'uniformité, mais la difformité. parce qu'il aime chacun en particulier. et il veut pour chacun le "juste"pour cette personne-là, unique avec ses qualités et ses défauts. Pas comme une juste mesure mais comme une dynamique de vie. Le "juste" de Dieu c'est l'épanouissement de chaque personne."

   "Accepter donc. Ce verbe est peut-être la réponse à la question "pourquoi moi ?". Accepter c'est dire "oui" sans arrière-pensée, à Dieu. C'est dire "merci" à Dieu sans aucun ressentiment. ce n'est pas une soumission simpliste, c'est une pleine reconnaissance. La soumission est négative, peureuse, vide, craintive, soumise. La reconnaissance est positive, heureuse, pleine, donnée, confiante.

   Nous sommes peut-être ici sur une piste de réponse à l'énigmatique question du "pourquoi moi ?". Ne pas mettre en question - et encore moins en cause - les dons que Dieu nous faits. Mais les accepter comme tels, un cadeau. Quelque chose de gratuit par excellence. Pour soi, oui, mais aussi pour rayonner de cette grâce reçue autour de nous." 

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