Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vivre sans pourquoi, Alexandre Jollien

9 Août 2021 , Rédigé par Estelle Publié dans #Développement personnel

   Voici le premier ouvrage de développement personnel d'Alexandre Jollien que je découvre. Je connaissais déjà Alexandre Jollien de par ses écrits avec ses amis Christophe André et Matthieu Ricard, comme le bel essai Trois amis en quête de sagesse

http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2017/10/trois-amis-en-quete-de-sagesse-christophe-andre-alexandre-jollien-matthieu-ricard.html

   Il s'agit ici d'un journal intime que l'auteur a tenu lors de son séjour en Corée du Sud. Il a choisi ce pays pour bénéficier d'un accompagnement spirituel auprès d'un prêtre catholique bouddhiste, oui vous avez bien lu. Ce père lui donne ce conseil : "Laissez-vous descendre à un niveau où la paix est inaltérable. Le chemin peut prendre des années, mais laissez-vous, descendez !" et cet exercice "méditer le passage de l'Evangile de la tempête apaisée : Jésus dort en paix dans une barque agitée qui prend l'eau. Le quotidien c'est cette barque et il faut m'abandonner même dans une bourrasque. Etre en repos dans l'action."

     Alexandre Jollien partage sa difficulté de se positionner par rapport à cette expérience de "catholique bouddhiste", mais surtout son apprentissage pour se détacher du regard des autres et notamment par rapport à son handicap. C'est un ouvrage subtile - où il nous parle de ses enfants, sa femme, ses amis - qui a le mérite de mieux nous faire connaître son auteur et ses interrogations. Un journal de bord donc plus qu'un essai construit.  

   "Vivre sans pourquoi" c'est surtout apprendre à vivre dans le présent, s'accepter et accepter, tout en restant dans l'action et apprendre le détachement de la "mendicité de l'affection" pour trouver la paix. C'est aussi calmer son "singe intérieur". "Certains textes bouddhiques comparent le mental à un petit singe : l'animal fou, de branche en branche, saute, voltige. Avec une infinie bonté, s'approcher de lui et tout doucement lui souffler : "Gentil singe, calme toi ! ". Réitérer l'exercice aussi souvent que nécessaire et jamais, au grand jamais, élever la voix contrez la bestiole en furie. J'aime cette façon de s'adresser à l'égo, à nos peurs et à l'agitation. Par la force, avec la volonté, on n'arrive à rien. le mental se libère millimètre par millimètre plus qu'il ne se laisse dresser."

   "La spiritualité, c'est être hyper réaliste, épouser son corps, le quotidien, dégager une méthode concrète, accueillir l'imprévu, garder les pieds sur terre ... Voilà ce qui nous sauve : un art de vivre, des exercices, une façon de se lever, de se coucher, de prier, d'aimer. Tout recommence chaque jour."'

   "Il faut bien du courage quand tout va mal et que tout tourne en rond, pour juste continuer. Pour ne pas surréagir et se montrer patient. Ni les éducateurs fatalistes ni les âmes résignées ne m'ont transmis le goût de la patience. La voie qui m'y conduit, c'est l'amour, la joie, la gratitude. J'ai redouté qu'elle dérive de la lâcheté alors qu'elle est une bénédiction de la vie, qu'elle est sœur de l'audace, de la force et de la confiance."  

   On notera les références à L'Ecclésiaste "tout est vanité sous le soleil", à maître Eckhart - théologien et premier mystique rhénan fin XIIIè début XIVè siècle, Rumi - poète mystique persan du XIIIè siècle, définis avec Jésus et Bouddha comme des "trésors de l'humanité", à François Mauriac "La Vie de Jésus". 

   Une belle référence aussi à "la géniale traduction [de l'Ecclésiaste] d'Ernest Renan "Il y a un temps pour tout, et chaque chose sous le ciel a son heure

 Temps de naître et temps de mourir,
        Temps de tuer, temps de guérir,
        Temps de planter, temps de détruire,
        Temps de bâtir, temps d’arracher,
        Temps de gémir, temps de danser,
        Temps de pleurer et temps de rire.

Temps d’assembler les blocs, temps de les disperser,
Temps d’aimer les baisers et temps de les maudire,
Temps de poursuivre un rêve ou de se d’interdire,
Temps d’aimer un objet, temps de le repousser.

        Temps où l’on coud, où l’on déchire,
        Temps où l’on garde, où l’on se tait,
        Temps où l’on hait, où l’on soupire,
        Temps de la guerre et temps de paix."

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article