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La littérature contemporaine en Egypte

25 Mai 2019 , Rédigé par Cécile Publié dans #Auteur, #Roman

   Je voudrais vous présenter un petit récapitulatif des auteurs égyptiens d'aujourd'hui qui font partie de ce que l'on appelle le roman moderne égyptien.

   Il y a tout d'abord l'incontournable Prix Nobel de Littérature en 1988 : c'est Naguib Mahfouz, né en 1912 et mort au Caire également en 2006. Je vous conseillerais de commencer par un roman issu de la Trilogie du Caire (par exemple l'Impasse des 2 palais). C'est une saga familiale historique facile à lire. Chaque livre a pour titre le nom d'une ruelle du vieux Caire où l'écrivain a habité. En amoureux de sa ville, elle est le cadre de presque tous ses romans. Mahfouz est un écrivain très prolixe et son oeuvre est abondante, vous pouvez lire aussi Miramar qui raconte la vie d'une pension de famille à Alexandrie. Le Passage des miracles de 1947 nous parle de la population des vieux quartiers du Caire, comme Le Mendiant ou encore Le voleur et les chiens qui nous conte des destins de pauvres bougres avec philosophie.

   Mon auteur favori, s'il fallait choisir, c'est Albert Cossery, que je vous ai présenté dans un précédent article sur ce blog. C'est un égyptien élégant qui vivait à Paris mais écrivait exclusivement sur son pays. Ses écrits sont rares (8 romans) mais savoureux et très ironiques. Mendiants et orgueilleux reste son livre le plus connu, qui a aussi été porté à l'écran. C'est comme souvent chez Cossery, une apologie de la paresse et du détachement des biens matériels.
http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/04/albert-cossery-le-voltaire-du-caire.html http://partageonsnoslectures.over-blog.com/2019/04/les-couleurs-de-l-infamie-albert-cossery.html

 

   Autre grand écrivain né au Caire en 1937, Sonallah Ibrahim s'est fait connaître par le roman Les années de Zeth, puis par un autre Charaf ou l'Honneur qui nous raconte la vie d'une prison du Caire. Militant communiste dès les années 50, l'auteur a été emprisonné 5 ans et il décrit par expérience ce monde sordide. Il écrit ensuite des satires féroces sur la vie politique sous l'Egypte de Moubarak. Il nous raconte avec beaucoup d'humour et de dérision le quotidien de cette mégapole qu'est le Caire.
   La dérision est un mot clé dans la littérature égyptienne : tous les Egyptiens sont les premiers à rire d'eux mêmes avec lucidité tout en gardant une très respectable fierté.

   Une femme enfin, née en Egypte dans une famille juive qui a été forcée de quitter le pays au milieu des années 50. Paula Jacques est alors partie en France. Elle nous parle de cette minorité juive et de leur vie en Egypte : c'est vivant, gai et fantasque. Mon roman préféré est L'héritage de tante Carlotta, mais j'aime aussi l'histoire de Deborah ou les anges dissipés pour lequel Paula Jacques a eu le Prix Femina en 1991. L'auteur est animatrice à France Inter depuis 1975, pour des émissions culturelles sur la littérature et le cinéma. Je crois que tous ses romans sont autobiographiques, en tout cas ils sont passionnants et faciles à lire.

   Pour finir, je dois vous parler d'un véritable phénomène de librairie : L'Immeuble Yacoubian, un livre paru en 2002 qui a eu un tel succès qu'il a immédiatement été traduit et imprimé dans le monde entier. Son auteur est un dentiste du Caire reconverti à l'écriture ! oui, vous avez bien lu, c'est Alaa El Aswany, 62 ans. Il se mêle de la vie politique égyptienne lors de la révolution de 2011, ce qui lui vaut actuellement des déboires avec la justice militaire locale. Son roman nous raconte la vie d'un immeuble des beaux quartiers du centre ville, c'est une fresque historique et un magnifique portrait de la société d'aujourd'hui au Caire. Le roman est drôle, tendre et très humain. Je vous le recommande très chaudement ! à lire... ou à voir au cinéma car il a déjà été adapté.

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